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Une fin, une fois pour toutes : analyse des fins de Mass Effect 3

25/05/2021
36 commentaires

Préambule : Cette analyse est un exercice de style qui tente de mettre en avant une fin logique parmi les quatre fins proposées par Mass Effect 3. Elle n’a pas pour but de dénigrer celles et ceux qui considèrent l’une ou l’autre fin comme étant la leur. Toutes les fins sont, jusqu’à preuve du contraire, canoniques. Cet article contient évidemment des spoilers majeurs.

La trilogie Mass Effect est conçue comme un grand arc narratif qui suit une logique appliquée à la plupart des grandes productions cinématographiques et littéraires : une introduction, une chute du personnage principal, les actions entreprises pour se relever et enfin le grand final qui permet de résoudre l’intrigue.

Mass Effect a ceci de particulier que sa fin ne pouvait être unique, dans la mesure où l’entièreté de l’aventure est une succession de choix initiés dès les premières minutes de jeu. Dès lors, il était nécessaire de concevoir plusieurs fins susceptibles de répondre à une large gamme de joueurs en fonction de la direction donnée à leur histoire mais aussi selon leur sensibilité face aux thèmes abordés.

Pourtant, comme toutes les œuvres, il existe dans Mass Effect une piste, une colonne vertébrale qui soutient une seule et unique conclusion de manière plus cohérente que les trois autres.

« Ne vous préoccupez pas de ce que les autres pensent. Faites ce que vous devez. »

Javik

I. Ce que nous raconte Mass Effect

Mass Effect 1 dresse d’emblée le constat d’une galaxie traumatisée par deux incidents majeurs : la Rébellion Krogane et la Guerre de l’Eveil des Geth sur Rannoch.

La quête secondaire à propos de l’IA qui se fait exploser sur la Citadelle donne le ton de ce que sera la thématique principale de Mass Effect : l’incompréhension entre les organiques et les synthétiques.

Pour imager ce conflit latent, le parcours de Shepard dans Mass Effect est jalonné de combat contre des IV ou des IA défaillantes et surtout les Geth, bien entendu. Cette dissonance, ce chaos sera la pierre d’achoppement servant de prétexte au Catalyseur pour lancer la première Moisson.

Plusieurs millions d’années plus tard, le conflit se perpétue et se confirme tout au long de la trilogie. L’IA rebelle de l’Alliance dans Mass Effect 1 sur Séléné (on apprendra plus tard qu’il s’agit d’IDA) , les Herétiques Geth qui sèment la terreur chez les organiques durant les 3 épisodes, des débats houleux entre Quariens concernant la guerre contre les Geth et les révélations de l’IV prothéenne Vendetta et Javik lui-même ponctuent le récit et abondent dans le sens d’une guerre ouverte inévitable entre synthétiques et organiques.

A la fin du premier épisode, Saren dévoile une solution sous la forme d’une synthèse entre éléments organiques et synthétiques (à son image), une évolution logique selon lui mais son discours sonne creux puisqu’il est clairement manipulé par Sovereign. Son apparence finale, monstrueuse, parachève de déconstruire ses arguments.

Le sauvetage de la Citadelle permet également de mettre en évidence que les espèces organiques (conciliennes, dans un premier temps) sont capables de se réunir sous une seule bannière lorsque les enjeux les dépassent.

Mass Effect 2 brouille ensuite les pistes en introduisant des thématiques plus réflexives, moins manichéennes au sujet des Geth et de la vie synthétique en général grâce à l’intégration de Légion et IDA sur le Normandy. Les Geth ne sont plus uniquement les grands méchants robots de Mass Effect 1 mais un peuple à part entière qui se révèle plus attachant. IDA, en s’affranchissant des brides de sa bluebox quantique devient capable d’agir de manière autonome et sa première action sera de sauver le Normandy et Joker.

On découvre également en détail le destin funeste des Récolteurs ; véritables pantins prothéens entre les mains des Moissonneurs. Leur étude réalisée par le Professeur Mordin Solus sera des plus importantes pour la suite de l’analyse des fins de Mass Effect.

Le second opus se conclut par la divulgation des véritables intentions de l’Homme Trouble : contrôler la technologie des Moissonneurs pour transcender la nature humaine et rendre à son espèce la place qui devrait être la sienne dans la galaxie.

Enfin, Mass Effect 3 se veut l’aboutissement de tous les arcs narratifs évoqués, permettant de rallier idéalement toutes les espèces organiques et synthétiques contre leur ennemi commun : les Moissonneurs.

Il nous donne également l’occasion d’apprendre ce que sont réellement les Moissonneurs et quelles sont les atrocités commises par leurs soins dans le cycle précédent via les douloureux souvenirs de Javik.

II. L’heure du choix… Vraiment ?

Le Catalyseur collecte la vie organique et la transforme en Moissonneur depuis des temps immémoriaux. C’est sa solution pour la préserver d’elle-même car ses calculs mènent toujours à l’anéantissement total de la vie organique au profit des synthétiques.

Vous voila donc au pied du mur, face à lui. Et il vous offre 4 choix qui remplaceront sa solution désormais vétuste suite à la création du Creuset ; qui ouvre de nouvelles perspectives.

  • Le refus/libre arbitre : vous abandonnez mais  vous laissez une chance aux futures générations de vaincre les Moissonneurs
  • Contrôle des Moissonneurs
  • Synthèse de la vie organique et synthétique par le biais d’un ADN commun
  • Destruction des Moissonneurs et par extension, des Relais Cosmodésiques et de toute vie synthétique dans la galaxie

La pièce dans laquelle vous vous trouvez incite à la réflexion. Isolé(e) du reste de la galaxie qui se bat sans discontinuer devant vos yeux, vous êtes témoin de la manière dont le Catalyseur voit le monde : loin de toute réalité organique, il ne comprend pas l’horreur qu’il inflige à vos pairs. Il suit un but, son but, sans haine mais sans pitié également.

De tous les choix qu’il vous propose, deux d’entre eux ne concordent pas avec la logique appliquée à l’univers de Mass Effect et vos péripéties : l’abandon et le contrôle.

Abandonner la galaxie à son sort n’a pas de sens. Mass Effect 3 est une ode à l’instinct de survie, une bataille contre l’impossible, l’inévitable dont parlait Sovereign, 3 ans plus tôt. Toutes les espèces de la galaxie se sont assemblées pour combattre et se libérer du joug de l’oppresseur. Baisser les bras si près du but est totalement à l’opposé de la nature de votre quête et de celle du Commandant Shepard.

Le contrôle, quant à lui, a maintes fois démontré ses limites. Toutes les tentatives avant et pendant la trilogie se sont soldées par de cuisants échecs.

Javik ne manque pas de vous prévenir à de nombreuses reprises sur le Normandy au sujet de la fourberie des machines. Il vous parle notamment des Zha’Til, une espèce synthétique qui a pris complètement le contrôle de ses créateurs lors du cycle précédent.

Mais le plus bel exemple est bien entendu l’Homme Trouble qui a été très loin dans ses expériences et en particulier sur ses troupes d’assaut. Il termine sa vie avec, certes, un pouvoir de contrôle total grâce à ses augmentations dérivées de la technologie des Moissonneurs mais au prix de nombreux crimes et de son libre-arbitre.

Dès lors, pourquoi et comment faire confiance à une IA qui vous demande de détruire votre enveloppe corporelle afin de prendre le contrôle des Moissonneurs ?

Il n’y a tout simplement pas de réponse car aucun fait dans la saga ne vient étayer les dires du Catalyseur. De surcroit et comme le souligne l’excellent ouvrage « Mass Effect : A la conquête des étoiles » de Nicolas Domingue la musique accompagnant la cinématique, quel que soit votre alignement, est lourde, tendue et n’inspire pas confiance ; un indice évident quant à la nature de ce choix pour le moins particulier.

III. Prendre en main son destin

Après avoir écarté les deux premières propositions, il ne nous reste plus qu’à déterminer qui de la Synthèse ou la Destruction l’emporte.

Sur le papier, la Synthèse permet de clôturer l’intrigue de la plus belle des manières : sauver la galaxie et mettre un terme au conflit entre synthétiques et organiques. Elle permet en outre de conserver la technologie des relais. Le prix à payer est le sacrifice de Shepard.

La Destruction, elle, est beaucoup plus difficile à choisir car elle implique de donner la mort à IDA et aux Geth (s’ils font partie de vos alliés) ainsi que de détruire (ou endommager, selon votre niveau de préparation galactique) la technologie qui porte en avant la galaxie depuis des millions d’années : les relais.

Pourtant, votre but a toujours été de détruire les Moissonneurs. Toutes les personnes qui vous ont emmené ici se sont sacrifiées en ce sens…d’où vient cette hésitation qui s’insinue en vous ?

La réponse tient en plusieurs points.

Premièrement : vous êtes endoctriné !

Vous, pas Shepard mais bel et bien vous ; le(la) joueur(euse).

Au terme d’une trilogie qui dépeint des ennemis synthétiques à affronter dans Mass Effect 1, à comprendre dans Mass Effect 2 et à aimer dans Mass Effect 3…vous voila piégé(e) par le scénario.

Légion et IDA sont devenus des personnes à part entière, des amis et la simple idée de les détruire devient insupportable. Le but initial, la mission qui se résumait à « comment détruire les Moissonneurs » devient « comment sauver les personnes qui me sont chères ».

Voila comment le scénario subtil de la trilogie vous fait glisser lentement d’une mission d’envergure galactique à une mission bien plus personnelle. Et comme le disait si justement Mestre Aemon dans Game Of Thrones :

« L’Amour c’est la mort du Devoir. […] Parfois, le Devoir c’est la mort de l’Amour »

Ensuite, la Synthèse présente l’avantage non négligeable de ne pas endommager ou détruire les relais cosmodésiques. Si vous choisissez la Destruction, par contre, vous plongez la galaxie dans le noir et le silence en handicapant sérieusement les voyages SLM mais aussi les communications SLM qui, pour rappel, transitent elles aussi dans des couloirs sans gravité générés par les relais.

Pour autant, la Synthèse est-elle vraiment le bon choix ?

C’est évidemment la solution la plus confortable sur le plan moral. Vous vous sacrifiez héroïquement au profit des autres, en particulier vos amis synthétiques.

Happy End ?

La réponse est non.

La synthèse est la solution du Catalyseur et non la vôtre. Plusieurs synthèses imparfaites ont lieu durant l’aventure, dont celle de Saren bien entendu mais aussi celle de David Archer du projet Suprématie de Cerberus. Jusqu’à présent la synthèse intermédiaire la plus aboutie est celle des Moissonneurs qui utilisent le matériel génétique des organiques dans un corps purement mécanique.

Pour autant, ils ne représentent pas une évolution mais plutôt une régression et plus précisément, une stagnation.

C’est ce que vous dit Mordin Solus dans Mass Effect 2 lors de son étude des Récolteurs. En effet, les Récolteurs ne sont plus des êtres conscients. Clonés à l’infini, leur facultés sensorielles et cognitives sont peu a peu remplacées par des senseurs : c’est un peuple mort, sans art, sans culture.

Or, ne peut-on pas dresser le même constat pour les Moissonneurs ? Bien qu’évolués, ils ne valent dans les faits pas mieux que leurs laquais, Récolteurs et Zombies en tout genre. Ils n’ont pas de culture, pas d’art et n’ont d’autre but que celui d’obéir au Catalyseur et moissonner la vie inlassablement.

L’autre argument, celui qui tient le plus à cœur au Professeur Solus, tient dans le fait que toute avancée technologique majeure introduite au mauvais moment dans une civilisation mène au chaos. Il prend l’exemple des Krogans, guidés par les Galariens et aboutissant au Génophage.

La balance socio-technologique, une fois rompue, empêche une civilisation de trouver elle-même des solutions maitrisables à ses limitations organiques.

« Pas de limitations, pas d’évolution. Pas d’évolution ; stagnation »

Ainsi résume-t-il ses propos.

Malgré son avertissement, c’est précisément ce que vous êtes en train de lancer sur l’ensemble de la galaxie en choisissant la Synthèse ! Vous faites évoluer rapidement et sans leur consentement toutes les formes de vies de la galaxie. Pire encore, vous résumez la vie a un seul ADN, un seul mode de vie, une seule solution…sans autre explication que celle fournie par votre étrange interlocuteur.

Cela ne vous rappelle-t-il pas nos amis Moissonneurs qui transforment toute vie a leur image ?

Mordin, toujours lui, se rappelle à votre mémoire :

« La vie est précieuse, Shepard. L’Univers a soif de diversité »

Pourquoi donc l’unifier quand tout Mass Effect vous explique que la différence est une force qui vous a d’ailleurs permis d’arriver jusque là ?

Finalement, sur la question des relais cosmodésiques, bien qu’endommagés ou détruits, leur technologie est à la portée de toute civilisation. Dans les faits, les Prothéens ont été capables de recréer un mini relais afin d’utiliser le Canal sur Ilos. La fin Destruction donne également du crédit à cette hypothèse car les relais sont reconstruits dans les ultimes cinématiques.

En comparant les différents artworks entre la Synthèse et la Destruction, il est évident que le niveau technologique atteint est le même dans les deux cas. Plusieurs clichés nous montrent la ville de Londres et la Citadelle en parfait état après la grande guerre, ce qui tend à prouver qu’en dehors de la présence des Moissonneurs et des synthétiques, il n’y a pas d’avancées majeures significatives dans la fin Synthèse par rapport à la Destruction.

« Ce qui a été créé peut l’être à nouveau »

Amiral Xen

An End, once and for all.

Mass Effect a toujours été une question de choix et de sacrifices.

Vous sacrifiez un de vos amis sur Virmire, le Destiny Ascension ou des milliers d’humains lors de bataille de la Citadelle et 300 000 Butariens lors de l’explosion du relais du système Bahak afin de retarder la venue des Moissonneurs.

Vous avez toujours pris des décisions lourdes de sens mais qui bénéficient au plus grand nombre. C’est l’essence même d’un leader.

Mais toute la tragédie de cette histoire se joue à la fin, lorsque vous devenez vous-même émotionnellement impliqué. Vous avez des amis, une famille comme le dit Shepard à Javik. L’idée de perdre ne serait-ce qu’un membre de l’équipe est insupportable.

Ce sentiment est renforcé par toutes vos discussions antérieures à la rencontre du Catalyseur et l’amitié que vous avez nouée avec des êtres synthétiques autrefois perçus comme des monstres dangereux. Mais vous avez mis de côté vos différends, vous vous êtes compris. Vous êtes la preuve vivante que le conflit que veut à tout prix éviter le Catalyseur ne requiert plus son intervention.

C’est pourquoi sa solution de Synthèse est une hérésie ; elle n’a pas lieu d’être. Vous n’en avez pas besoin !

Mais c’est trop tard. L’heure du choix est arrivée.

Le choix le plus confortable moralement est la Synthèse car elle ne requiert que votre sacrifice mais cette dernière va à l’encontre de toute la logique de Mass Effect.

La seule fin qui coche toutes les cases est… la Destruction.

Tous vos pairs vous le disent, tout le jeu vous le dit. C’est votre mission. C’est ce pour quoi les anciens cycles se sont battus, la raison pour laquelle Anderson a cru en vous. C’est la seule option qui rend libre la galaxie, libre d’évoluer, libre de choisir.

La perte d’IDA et du peuple Geth est un immense sacrifice, surtout à ce moment de l’histoire mais toute votre aventure a été jalonnée de ces pertes et elles sont, malheureusement nécessaires pour le bien du plus grand nombre.

L’expérience acquise permettra sans doute de voir arriver de nouveaux synthétiques dans la galaxie et, cette fois-ci mieux les comprendre et les intégrer. Mais ce sera le choix de toute une galaxie et pas celui d’une autre entité prétendument supérieure.

Soulignons aussi que seule la fin Destruction permet de supposer que Shepard est encore en vie puisque sa plaque commémorative n’est pas plaquée au mur lors de la scène finale et que l’on voit son thorax bouger parmi les décombres. (Si votre préparation galactique est très élevée)

Enfin, le trailer du nouveau Mass Effect en préparation au moment d’écrire ces lignes laisse également sous-entendre que les relais sont partiellement détruits et que le personnage de Liara n’est pas modifié par la Synthèse.

Une rumeur liée à un des artworks publiés en marge de la future sortie du prochain Mass Effect soutient également la thèse de nouveaux relais cosmodésiques créés par l’humanité.  Le mécanisme « MR 7 » pouvant être interprété par Mass Relay n°7. Sa forme particulière et son noyau central semblent en phase avec cette théorie.

Une hypothèse probable porte à croire que la fin Destruction serait donc la fin prédéfinie par le studio mais c’est un sujet complexe qui nécessitera d’autres indices pour y répondre de manière concrète.

« Vôtre espèce me fascine, je suis curieuse de voir ce qu’elle accomplira »

Samara

Retrouvez également notre guide des différentes fins de Mass Effect 3.

Commentaires

Vouloir donner une meilleure fin qu'une autre à Mass Effect est un exercice ambitieux, qui s'oppose fondamentalement à la volonté première des développeurs, et à l'idée même qu'il n'y ait pas de "bon" choix.

Pour y parvenir, nous avons ici une incompréhension clairement marquée de trois d'entre elles pour mettre en valeur l'élue du groupe. L'analyse est simplement mauvaise, désolé de le dire.

Je précise que je suis favorable à la fin destruction, même si j'aime beaucoup contrôle et libre arbitre, et pas vraiment synthèse (trop magique à mon goût). Histoire qu'on ne m'accuse pas de favoritisme.

Nous allons donc faire un récapitulatif pour chacune :

-La fin Libre arbitre est tout sauf un abandon, c'est même exactement l'inverse qui est à l'origine de sa création. Cette fin provient de l'extended cut, écrit suite aux retours négatifs des joueurs. Une critique commune était "j'ai monté une armée, je veux me battre, pas suivre les choix des moissonneurs."

Shepard refuse la soumission dans cette fin, il dit au catalyseur qu'ils obtiendront la victoire coûte que coûte. Il est convaincu, à l'instar du joueur, de pouvoir obtenir cette victoire. Parce que Shepard a toujours gagné contre l'impossible. Parce que Shepard est un héros à échelle galactique.

Mais voilà, les Moissonneurs sont invincibles en tant qu'armée. Shepard a voulu repousser des limites qui étaient cette fois trop loins, même pour lui. La morale, c'est que même si on peut accomplir de grandes choses face aux difficultés du monde, il faut savoir accepter ses limites.
Et faire des compromis. Néanmoins, comme à chaque cycle, le savoir acquis donne plus de chances aux espèces du suivant, donc la note est nuancée : une meilleure solution que les quatre sera peut-être trouvée lors du cycle suivant.

-La fin contrôle n'est pas une domination aveugle faite de soumission de chaque peuple. La fin est volontairement évasive sur ce sujet et laissée à l'interprétation de chacun, en grande partie parce que le choix parangon ou renégat n'est pas imposé, et qu'on peut imaginer un Shepard qui est l'un ou l'autre à la tête des Moissonneurs.

L'idée de la fin contrôle, c'est que la galaxie s'est ralliée autour d'UNE personne : Shepard. Pas l'Alliance. Pas le Conseil. Shepard. C'est lui le meneur, le héros, le chef de tout ça. Geths, quariens, krogans, galariens, turiens, asari, tous sont derrière Shepard.

Parce qu'il est le seul à avoir bravé l'impossible, parce qu'il est le seul à être une icône pour (presque) tout le monde, il est le seul à pouvoir diriger les Moissonneurs et créer un monde pour demain. Ce n'est pas un simple délire de dictateur du dimanche, mais le héros d'un univers qui obtient un pouvoir quasiment absolu pour le protéger. Évidemment, comme tout héros mythique, Shepard est sujet à pouvoir faire des erreurs et ça implique une forme d'autocratie voir carrément de théocratie. Mais en échange, la galaxie est en paix. Et je parle d'une seule et vraie paix durable, parce que quoi qu'il arrive, Shepard et ses moissonneurs sont là pour l'arrêter.

-La fin synthèse n'est ni un arrêt du développement, ni une fusion de toutes les cultures. À quel moment, et là je demande des faits, un seul de ces deux points est clairement montré ?

L'idée derrière la synthèse est ce que le catalyseur dit d'elle : détruire la barrière qui sépare organiques et synthétiques, et donc arrêter tout risque de destruction de la vie organique de la main des synthétiques, et c'est tout. Rien d'autre. La fin synthèse répond à sa manière à l'objectif des moissonneurs.

Les peuples ne perdent pas leur conscience, ils ne perdent pas leur savoir, ils ne perdent pas leur culture. Ils avancent main dans la main avec les synthétiques comme Quariens et Geths peuvent le faire après l'union de leurs deux peuples, mais cette fois-ci avec une compréhension améliorée concrète.

Rien ne dit que les guerres s'arrêteront. Synthétiques et organiques ne s'extermineront plus par incompréhension, oui. Ça n'empêche pas d'imaginer une guerre avec des cyber krogans qui tentent de prendre le contrôle de la galaxie contre un conseil dont le chef du C-Sec est l'Augure lui-même.

-La fin destruction EST une proposition des Moissonneurs. Ne faites pas comme si c'était un choix qui allait à leur encontre, c'est une proposition de leur part. Les Moissonneurs n'agissent pas par plaisir, ils préservent la vie organique dans une logique universelle. Puisque la moisson n'est plus une solution efficace, ils proposent aux organiques d'y mettre fin, en alertant d'avance que sans les Moissonneurs, ça risque simplement de recommencer, mais cette fois-ci sans personne pour assurer qu'il y aura de nouveaux cycles et pas un simple peuple d'IA tueuses à la Terminator.

La chose est nuancée si on est conscient que les geths ne sont pas des monstres tueurs ainsi qu'IDA, d'ailleurs Andromeda contribue même à l'idée avec SAM (apportant une forme de symbiose mais c'est un autre sujet). Mais le risque existe, les IA rencontrés par les léviathans et les prothéens le montrent.

C'est la liberté, la fin destruction. Mais la liberté a un prix, celui de nos pairs. Et être libre implique aussi de refuser la sécurité, d'où les possibles rébellions d'IA.

En résumé, sortez vous l'idée d'endoctrinement du jeu, rejouez à celui-ci, écoutez les dialogues avec les léviathans, Javik et le Catalyseur. Aucune fin n'est meilleure qu'une autre, toutes ont de lourdes conséquences et implications. Les Moissonneurs favorisent la synthèse parce qu'elle est la réponse absolue à leur objectif, et j'insiste, leur objectif. Tout comme destruction est la réponse absolue des pontes de l'Alliance et le contrôle la réponse absolue de Cerberus. Et de façon plus méta, la fin Libre arbitre est la réponse absolue des développeurs aux joueurs belliqueux.
Merci pour votre belle contribution  !

Je pense sincèrement que toutes les fins se valent car elles sont simplement fortement liées à l'interprétation que l'on se fait des thèmes de Mass Effect ;c'est ce qui rend la Trilogie si personnelle, si belle.

J'aime beaucoup votre façon de voir la fin Libre Arbitre, elle donne matière à réfléchir. C'est le but premier de cet article : faire réagir et discuter.
 
Pour ma part, je suis partisan de la destruction pour les raisons évoquées. La Synthèse est une solution dispensable dans la mesure où, selon mon point de vue, on ne peut pas changer la nature de tous pour règler un problème unique. Cela équivaudrait à imposer sa manière de voir les choses et présuppose que les différences de cultures sont insurmontables, que les êtres vivants ne sont pas capables de se comprendre et qu'il faut agir comme un maitre d'école et imposer sa loi.

Pour le Contrôle, on manque tout simplement de matière dans les jeux  mais cette fin peut sembler autoritaire et je me range du côté de N.Domingue en ce qui la concerne.

Toujours est-il qu'il n'est evidemment pas question de réfuter les autres fins, c'est un simple exercice, comme écrit en début d'article.
Vouloir donner une meilleure fin qu'une autre à Mass Effect est un exercice ambitieux, qui s'oppose fondamentalement à la volonté première des développeurs, et à l'idée même qu'il n'y ait pas de "bon" choix.

Pour y parvenir, nous avons ici une incompréhension clairement marquée de trois d'entre elles pour mettre en valeur l'élue du groupe. L'analyse est simplement mauvaise, désolé de le dire.

Je précise que je suis favorable à la fin destruction, même si j'aime beaucoup contrôle et libre arbitre, et pas vraiment synthèse (trop magique à mon goût). Histoire qu'on ne m'accuse pas de favoritisme.

Nous allons donc faire un récapitulatif pour chacune :

-La fin Libre arbitre est tout sauf un abandon, c'est même exactement l'inverse qui est à l'origine de sa création. Cette fin provient de l'extended cut, écrit suite aux retours négatifs des joueurs. Une critique commune était "j'ai monté une armée, je veux me battre, pas suivre les choix des moissonneurs."

Shepard refuse la soumission dans cette fin, il dit au catalyseur qu'ils obtiendront la victoire coûte que coûte. Il est convaincu, à l'instar du joueur, de pouvoir obtenir cette victoire. Parce que Shepard a toujours gagné contre l'impossible. Parce que Shepard est un héros à échelle galactique.

Mais voilà, les Moissonneurs sont invincibles en tant qu'armée. Shepard a voulu repousser des limites qui étaient cette fois trop loins, même pour lui. La morale, c'est que même si on peut accomplir de grandes choses face aux difficultés du monde, il faut savoir accepter ses limites.
Et faire des compromis. Néanmoins, comme à chaque cycle, le savoir acquis donne plus de chances aux espèces du suivant, donc la note est nuancée : une meilleure solution que les quatre sera peut-être trouvée lors du cycle suivant.

-La fin contrôle n'est pas une domination aveugle faite de soumission de chaque peuple. La fin est volontairement évasive sur ce sujet et laissée à l'interprétation de chacun, en grande partie parce que le choix parangon ou renégat n'est pas imposé, et qu'on peut imaginer un Shepard qui est l'un ou l'autre à la tête des Moissonneurs.

L'idée de la fin contrôle, c'est que la galaxie s'est ralliée autour d'UNE personne : Shepard. Pas l'Alliance. Pas le Conseil. Shepard. C'est lui le meneur, le héros, le chef de tout ça. Geths, quariens, krogans, galariens, turiens, asari, tous sont derrière Shepard.

Parce qu'il est le seul à avoir bravé l'impossible, parce qu'il est le seul à être une icône pour (presque) tout le monde, il est le seul à pouvoir diriger les Moissonneurs et créer un monde pour demain. Ce n'est pas un simple délire de dictateur du dimanche, mais le héros d'un univers qui obtient un pouvoir quasiment absolu pour le protéger. Évidemment, comme tout héros mythique, Shepard est sujet à pouvoir faire des erreurs et ça implique une forme d'autocratie voir carrément de théocratie. Mais en échange, la galaxie est en paix. Et je parle d'une seule et vraie paix durable, parce que quoi qu'il arrive, Shepard et ses moissonneurs sont là pour l'arrêter.

-La fin synthèse n'est ni un arrêt du développement, ni une fusion de toutes les cultures. À quel moment, et là je demande des faits, un seul de ces deux points est clairement montré ?

L'idée derrière la synthèse est ce que le catalyseur dit d'elle : détruire la barrière qui sépare organiques et synthétiques, et donc arrêter tout risque de destruction de la vie organique de la main des synthétiques, et c'est tout. Rien d'autre. La fin synthèse répond à sa manière à l'objectif des moissonneurs.

Les peuples ne perdent pas leur conscience, ils ne perdent pas leur savoir, ils ne perdent pas leur culture. Ils avancent main dans la main avec les synthétiques comme Quariens et Geths peuvent le faire après l'union de leurs deux peuples, mais cette fois-ci avec une compréhension améliorée concrète.

Rien ne dit que les guerres s'arrêteront. Synthétiques et organiques ne s'extermineront plus par incompréhension, oui. Ça n'empêche pas d'imaginer une guerre avec des cyber krogans qui tentent de prendre le contrôle de la galaxie contre un conseil dont le chef du C-Sec est l'Augure lui-même.

-La fin destruction EST une proposition des Moissonneurs. Ne faites pas comme si c'était un choix qui allait à leur encontre, c'est une proposition de leur part. Les Moissonneurs n'agissent pas par plaisir, ils préservent la vie organique dans une logique universelle. Puisque la moisson n'est plus une solution efficace, ils proposent aux organiques d'y mettre fin, en alertant d'avance que sans les Moissonneurs, ça risque simplement de recommencer, mais cette fois-ci sans personne pour assurer qu'il y aura de nouveaux cycles et pas un simple peuple d'IA tueuses à la Terminator.

La chose est nuancée si on est conscient que les geths ne sont pas des monstres tueurs ainsi qu'IDA, d'ailleurs Andromeda contribue même à l'idée avec SAM (apportant une forme de symbiose mais c'est un autre sujet). Mais le risque existe, les IA rencontrés par les léviathans et les prothéens le montrent.

C'est la liberté, la fin destruction. Mais la liberté a un prix, celui de nos pairs. Et être libre implique aussi de refuser la sécurité, d'où les possibles rébellions d'IA.

En résumé, sortez vous l'idée d'endoctrinement du jeu, rejouez à celui-ci, écoutez les dialogues avec les léviathans, Javik et le Catalyseur. Aucune fin n'est meilleure qu'une autre, toutes ont de lourdes conséquences et implications. Les Moissonneurs favorisent la synthèse parce qu'elle est la réponse absolue à leur objectif, et j'insiste, leur objectif. Tout comme destruction est la réponse absolue des pontes de l'Alliance et le contrôle la réponse absolue de Cerberus. Et de façon plus méta, la fin Libre arbitre est la réponse absolue des développeurs aux joueurs belliqueux.

Joli, j'aime bien ta façon de présenter les choses. Et je dois dire que je suis assez d'accord avec ton analyse.

Perso j'ai toujours fais la destruction pour les raisons que tu évoques et pour d'autres. Mais avec du recule, je me dis que la "bonne" fin (pas dans le sens vrai, mais dans le sens paix galactique) ce serait synthèse. Effectivement, ça empêchera pas les guerre, mais ça ne déséquilibre pas non plus la vie organique et synthétique. Car c'est effectivement ce déséquilibre que les Moissonneurs combattent à leur manière (bien que dans un sens, ils le favorisent également). Sans eux, les synthétiques auraient détruit toute la vie organique (à minima la vie intelligente). Mais s'ils proposent la synthèse à Shepard, c'est parce que le Commandant a prouvé qu'il était possible de s'entendre (enfin... l'a prouvé s'il l'a établis quoi). Quelque part, je me dis que cette fin synthèse ne devrait être proposée qu'à ceux qui établissent la paix sur Rannoch.
Mais si synthèse ne garantit pas qu'il n'y aura plus de guerre, il est censé "garantir" que synthtiques et organiques ne se feront plus la guerre puisqu'ils forment un même groupe et non plus deux distincts. Et au final, c'était bien ça le but des Moissonneurs.

Une question que je me pose, s'il n'y avait pas eu la guerre de l'éveil, la Moisson aurait-elle démarrée sur le cycle du jeu ? Ne serait-ce pas elle qui a déclenché la fin de ce cycle ?
Bonjour,
C'est la première fois que je poste un commentaire sur votre site bien que je le suive depuis des années. Vous faites un boulot incroyable, merci.

Je poste à la suite de cet article car le débat sur les fin de ME3 est un des plus intéressant.
Pour ma part la 1er fin que j'ai vue c'est celle où l'on a pas assez de préparation de guerre (celle où TOUT est détruit).

Bien évidement chacun ça sensibilité mais je vais donner mon avis.
J'approuve tout ce qui est dit sur la fin Synthèse qui est, à mon sens, la pire de toutes, celles après la quelle la vie n'a plus de sens, plus de but.
Pour ce qui est de la fin libre arbitre j'avoue ne l'avoir jamais essayé, mais avec le commentaire précédent qui m'a montré que c'était un peu un choix "anti-systeme" où on ne se plit pas aux propositions du catalyseur, je vais peut-être la choisir à la fin de l'édition légendaire.
La fin destruction n'est pas selon moi la fin parfaite, c'est la fin la plus simple, la plus attendu et celle qui ferme le plus de porte (après la fin Synthèse).

En réalité je pense que pour choisir sa fin il faut être rationnel, pragmatique, presque terre à terre. La fin de ME3 doit dépendre de l'ensemble des choix réalisés durant les 3 jeux avec pour seul question comment conserver la paix et la stabilité dans la Galaxie.
En effet je pense que dans Mass effect c'est le jeu de l'équilibre des choix. Si on fait la campagne la plus complète possible en général on sauve les Rachnis, on soigne les Krogans, on "réconcilie" Quariens et Geths (sans vrai garantie d'une paix durable), alors que les Asaris, Galariens et surtout les Turiens sortent affaiblis du conflit. Ce sont autant de facteurs susceptibles de générer des conflits : les Krogans restent très hostile aux espèces du conseil et aux Rachnis, les Rachnis peuvent rebasculer sous contrôle Leviathan (Il ne faut pas les oublier, eux qui jadis dominaient la Galaxie)...

C'est pourquoi je pense que la fin Contrôle est la plus approprié. Sur le papier (donc en théorie) c'est celle qui permettra de garantir la stabilité, au moindre problème les Moissoneurs interviennent.
En plus cette fin implique un accès total à la technologie et à leurs secrets, des millions de cycles d'histoire et peut être un base située de l'autre côté du relais citadelle (j'entends bien sur par là de nombreuses vois scenaristique pour une suite). Je pense qui cette fin offre le plus large panel de possibilités de poursuite dans l'univers de Mass effect, qui sait peut-être un relais relient deux Galaxie.

Mais je suis d'accord sur la critique. Cette fin repose sur la simple bonne fois du Catalyseur et rien ne garantit que les Moissonneurs accepteront Shepard car le Catalyseur explique bien qu'il ne les contrôles pas mais qu'il leur donne un but.

Il n'empêche que pour ma part c'est la fin que je préfère, elle me permet d'imaginer l'après, plus que la fin destruction en tout cas.
Abyss est de retour après tout ce temp oOOo !
Heureux de te revoir par ici !

Super content de te revoir L'Augure   8)

Très heureux également d'avoir fait écrire PsychoN7 sur le forum !

Belle interprétation de la fin Contrôle : un vrai coup de poker avec les Moissonneurs; c'est l'inconnue totale !  Je suis assez d'accord ça dépend beaucoup des choix en cours de route.

L'important c'est de prendre plaisir durant l'aventure et de la cloturer de la manière qui nous convienne.

Sur base de ce dossier je vais prévoir un dossier "surprise" d'ici quelques mois.

J'espère que ca vous plaira.

Merci de commenter sur MEU.fr  X_0
J'aime bien ton analyse, quoique discutable je ne vais pas argumenter sur celle-ci car on voit bien à la lumière des réponses que l'on peut
argumenter presque à l'infini. Ce qui me chicote un peu plus c'est l'interprétation du teaser car celui-ci appartient clairement è l'épisode 2, peu de temps avant que Liara cède le corps de Shepard à Cerberus... pour le grand retour de Sheplou.  Je crois aussi que l'univers ME est beaucoup plus cohérent et ainsi plus fascinant que celui de Star War mais il me semble que EA ne partage pas mon point de vue, dommage c'eut été une mythologie incroyable à utiliser pour d'autres aventures, car l'humain est voué à l'échec il est condamné à mort... ainsi on doit accepter la disparition de Shepard, pour que l'histoire continue sa marche vers d'autres argumentations.
Vouloir donner une meilleure fin qu'une autre à Mass Effect est un exercice ambitieux, qui s'oppose fondamentalement à la volonté première des développeurs, et à l'idée même qu'il n'y ait pas de "bon" choix.

Pour y parvenir, nous avons ici une incompréhension clairement marquée de trois d'entre elles pour mettre en valeur l'élue du groupe. L'analyse est simplement mauvaise, désolé de le dire.

Je précise que je suis favorable à la fin destruction, même si j'aime beaucoup contrôle et libre arbitre, et pas vraiment synthèse (trop magique à mon goût). Histoire qu'on ne m'accuse pas de favoritisme.

Nous allons donc faire un récapitulatif pour chacune :

-La fin Libre arbitre est tout sauf un abandon, c'est même exactement l'inverse qui est à l'origine de sa création. Cette fin provient de l'extended cut, écrit suite aux retours négatifs des joueurs. Une critique commune était "j'ai monté une armée, je veux me battre, pas suivre les choix des moissonneurs."

Shepard refuse la soumission dans cette fin, il dit au catalyseur qu'ils obtiendront la victoire coûte que coûte. Il est convaincu, à l'instar du joueur, de pouvoir obtenir cette victoire. Parce que Shepard a toujours gagné contre l'impossible. Parce que Shepard est un héros à échelle galactique.

Mais voilà, les Moissonneurs sont invincibles en tant qu'armée. Shepard a voulu repousser des limites qui étaient cette fois trop loins, même pour lui. La morale, c'est que même si on peut accomplir de grandes choses face aux difficultés du monde, il faut savoir accepter ses limites.
Et faire des compromis. Néanmoins, comme à chaque cycle, le savoir acquis donne plus de chances aux espèces du suivant, donc la note est nuancée : une meilleure solution que les quatre sera peut-être trouvée lors du cycle suivant.

-La fin contrôle n'est pas une domination aveugle faite de soumission de chaque peuple. La fin est volontairement évasive sur ce sujet et laissée à l'interprétation de chacun, en grande partie parce que le choix parangon ou renégat n'est pas imposé, et qu'on peut imaginer un Shepard qui est l'un ou l'autre à la tête des Moissonneurs.

L'idée de la fin contrôle, c'est que la galaxie s'est ralliée autour d'UNE personne : Shepard. Pas l'Alliance. Pas le Conseil. Shepard. C'est lui le meneur, le héros, le chef de tout ça. Geths, quariens, krogans, galariens, turiens, asari, tous sont derrière Shepard.

Parce qu'il est le seul à avoir bravé l'impossible, parce qu'il est le seul à être une icône pour (presque) tout le monde, il est le seul à pouvoir diriger les Moissonneurs et créer un monde pour demain. Ce n'est pas un simple délire de dictateur du dimanche, mais le héros d'un univers qui obtient un pouvoir quasiment absolu pour le protéger. Évidemment, comme tout héros mythique, Shepard est sujet à pouvoir faire des erreurs et ça implique une forme d'autocratie voir carrément de théocratie. Mais en échange, la galaxie est en paix. Et je parle d'une seule et vraie paix durable, parce que quoi qu'il arrive, Shepard et ses moissonneurs sont là pour l'arrêter.

-La fin synthèse n'est ni un arrêt du développement, ni une fusion de toutes les cultures. À quel moment, et là je demande des faits, un seul de ces deux points est clairement montré ?

L'idée derrière la synthèse est ce que le catalyseur dit d'elle : détruire la barrière qui sépare organiques et synthétiques, et donc arrêter tout risque de destruction de la vie organique de la main des synthétiques, et c'est tout. Rien d'autre. La fin synthèse répond à sa manière à l'objectif des moissonneurs.

Les peuples ne perdent pas leur conscience, ils ne perdent pas leur savoir, ils ne perdent pas leur culture. Ils avancent main dans la main avec les synthétiques comme Quariens et Geths peuvent le faire après l'union de leurs deux peuples, mais cette fois-ci avec une compréhension améliorée concrète.

Rien ne dit que les guerres s'arrêteront. Synthétiques et organiques ne s'extermineront plus par incompréhension, oui. Ça n'empêche pas d'imaginer une guerre avec des cyber krogans qui tentent de prendre le contrôle de la galaxie contre un conseil dont le chef du C-Sec est l'Augure lui-même.

-La fin destruction EST une proposition des Moissonneurs. Ne faites pas comme si c'était un choix qui allait à leur encontre, c'est une proposition de leur part. Les Moissonneurs n'agissent pas par plaisir, ils préservent la vie organique dans une logique universelle. Puisque la moisson n'est plus une solution efficace, ils proposent aux organiques d'y mettre fin, en alertant d'avance que sans les Moissonneurs, ça risque simplement de recommencer, mais cette fois-ci sans personne pour assurer qu'il y aura de nouveaux cycles et pas un simple peuple d'IA tueuses à la Terminator.

La chose est nuancée si on est conscient que les geths ne sont pas des monstres tueurs ainsi qu'IDA, d'ailleurs Andromeda contribue même à l'idée avec SAM (apportant une forme de symbiose mais c'est un autre sujet). Mais le risque existe, les IA rencontrés par les léviathans et les prothéens le montrent.

C'est la liberté, la fin destruction. Mais la liberté a un prix, celui de nos pairs. Et être libre implique aussi de refuser la sécurité, d'où les possibles rébellions d'IA.

En résumé, sortez vous l'idée d'endoctrinement du jeu, rejouez à celui-ci, écoutez les dialogues avec les léviathans, Javik et le Catalyseur. Aucune fin n'est meilleure qu'une autre, toutes ont de lourdes conséquences et implications. Les Moissonneurs favorisent la synthèse parce qu'elle est la réponse absolue à leur objectif, et j'insiste, leur objectif. Tout comme destruction est la réponse absolue des pontes de l'Alliance et le contrôle la réponse absolue de Cerberus. Et de façon plus méta, la fin Libre arbitre est la réponse absolue des développeurs aux joueurs belliqueux.
Moi aussi j'adhère à ton analyse et je suis d'accord avec tes points de vue. X_0

Ma fin favorite est Contrôle mais je perçois chacune des fins de la même façon que toi. Aucune des fins sont meilleurs que les autres, chacune d'entre elles sont les bonnes. 
Très belle analyse, qu'on la partage ou pas.

Je suis en accord avec certaines idées, d'autres non et pareil pour les réponses.

La fin continue de faire naître des débats autant de temps après (relancés par la nouvelle édition ? Pas uniquement, même si ça créé des émulsions dans la communauté !) et c'est beau je trouve.

Après autant de temps, j'ai toujours autant de difficulté à déterminer ma fin. Elles ont toutes leurs points d'intérêts, même si mon cœur balance encore pour la Destruction.
Si la fin du refus marque la volonté de Shepard de se battre sans répondre aux règles des Moissonneurs, de trouver un autre moyen (qui échouera), la fin Destruction est pour moi un refus dans les règles qui pourrait se traduire en :
Je vous rejette vous et tout ce que vous incarnez. Et pour offrir un espoir d'avenir, vous devez disparaître ! Quoi qu'il en coûte.
Ce quoi qu'il en coûte qui est donc la vie synthétique globale, et certaines technologie (et non toutes, sinon plus de voyage en vaisseau non plus !)
Le Contrôle peut également être perçu comme la solution de l'entre deux. On ne détruit pas, on ne fusionne pas, on remplace juste la tête pensante si l'on peut le dire ainsi.
J'ai vu dans les réponses deux mentions sur cette fin. La première, que les Moissonneurs pourraient le refuser. (Que Shepard prenne la place du Catalyseur). Je sais pas vraiment si les Moissonneurs ont un libre arbitre en fait. Il leur donne un but, mais les Moissonneurs subissent les cycles autant que les moissonnés. C'est ce que dit l'IV Prothéenne. De fait, peut-être ont-ils la seule illusion d'avoir le choix et de suivre une voie, mais qu'en réalité, ils ne l'ont pas. C'est ma vision en tout cas de la chose.
L'autre point, c'est la connaissance de Shepard. Dans toutes les versions que j'ai vu de cette fin, pour moi... la galaxie ne sait pas ce qu'à fait Shepard à ce moment-là. Tout ce qu'ils savent, c'est que les Moissonneurs ne sont plus agressifs, qu'ils aident. Dans la fin, ils sont bien présentés soumis à une autre volonté (mon point de vue, mais Shepard semble vraiment totalement les contrôler, le concept même du contrôle.) mais on voit quand même la romance poser la plaque commémorative avec un discours de Shepard disant veiller sur les survivants, sur ceux qui vont honorer sa mémoire. Shepard n'est plus, dans leur esprit. Et Shepard demeure l'entité de l'ombre, le nouveau catalyseur, dont personne ne soupçonnait l'existence, contrôlant les Moissonneurs, cette fois-ci sans leur donner l'illusion du choix manifestement.

Concernant la Synthèse... ,sûrement la fin que j'aime le moins, il apparaît évident, étant donné qu'elle ne "s'ouvre" qu'avec un niveau galactique de base (en tout cas à l'origine. En étant trop bas, on ne pouvait pas la faire) qu'elle est la résultante des choix de notre Shepard, de ces capacités, ainsi que la volonté pure du Catalyseur, qui nous jugerait digne. Toutes les possibilités sont proposés par le Catalyseur, qui nous dit ce qu'on peut faire avec l'énergie du Creuset, comment la libérer, mais toutes ne sont pas sa volonté. Seule la synthèse l'est, et c'est assez évident vu sa façon de la présenter, de la juger inévitable. Ce qui me fait d'ailleurs toujours fortement freiner des quatre fers pour aller vers cette fin, bien trop présentée comme idéale, la meilleure des solutions. Mais oui, elle ne règle qu'une seule chose : Les organiques et synthétiques se comprendront pleinement.
Du moins ceux existant à ce moment-là... Les prochains êtres organiques, évolutions, seront très certainement aussi directement ainsi, si l'évolution est toujours possible. Mais de nouveaux synthétiques ? Après tout, est-ce une possibilité que d'autres soient un jour créés ?
Et les guerres pourront toujours continuer. Les humains se foutent bien sur la gueule de toute façon. Mais les synthétiques ne pourront plus anéantir les organiques vu que les deux n'existent plus en l'état. C'est un contournement du problème j'ai envie de dire. (Les messages de Mordin sont intéressants et j'aime l'idée, mais vu que les races gardent leurs spécificités, la diversité est toujours là je présume.)
Néanmoins, je la considère également trop magique, le message trop porteur d'espoir, l'acceptation des Moissonneurs trop dérangeante. Je trouve que cette fin, dans sa présentation, manque de nuance, même si je ne les ai peut-être pas toutes vues.
Et n'oublions par Saren, qui la voulait également avant de comprendre qu'il était contrôlé, endoctriné, et qui remercie Shepard avant de se suicider si on arrive à le convaincre.


L'analyse pousse à la réflexion, et c'est une bonne chose. (Même si le titre est provocateur  :P )
Et je suis pleinement d'accord avec la partie de l'analyse sur les synthétiques. Présentés comme des monstres dans le premier jeu, ils sont ensuite dépeints de manière bien différente dans la suite, nous poussant à nous attacher à eux pour infléchir notre vision du jeu, de l'univers et ces choix que nous feront par la suite, jusqu'au grand final. Et c'est un point important de la décision du joueur, son attachement, son implication émotionnel avec les différentes créatures de l'univers.
Sans le travail fait dans le deux et poursuivis dans le trois, la Destruction serait la voie idéale, car justement les synthétiques seraient tous des menaces à exterminer. Mais la présence d'IDA, de Légion, des Geths libres influencent le joueur dans sa compréhension et son acceptation de l'univers et des fins proposées.

Si je garde dans mon cœur la Destruction, car la synthèse est pour moi la fausse bonne idée, imposée de surcroît, allant à contre-sens du discours du Catalyseur qui nous dit que ce n'est pas quelque chose que l'on peut forcer (c'est pas justement ce que l'on fait ?), j'avoue franchement adorer les discours de la fin Contrôle, qui ne sont pourtant pas très joyeux, même avec Shepard dans la conciliation.

Je garde néanmoins un point sur tout ça, c'est que... Tout ce que l'on sait... n'est que ce que le Catalyseur daigne nous en dire. Toute la fin du jeu est marquée par le fait qu'il refuse de nous en dire trop, car le temps manquerait. Cela pourrait aussi d'ailleurs pousser dans l'idée qu'il ne contrôlerait pas les Moissonneurs, vu qu'il ne fait pas stopper les combats, mais deux choses :
Premièrement, si les Moissonneurs s'arrêtaient, les races conciliennes en profiteraient juste pour les détruire.
Deuxièmement, il n'a aucun intérêt à stopper la Moisson. Même avec l'émergence de nouvelles solutions. Le stress de Shepard, la bataille au-dessus, permettent de garder le contrôle de la situation, du moins assez pour limiter la discussion au strict minimum et garder Shepard dans un état qui l'empêche de réfléchir correctement, à cause de la précipitation, rendant d'ailleurs son discours sur la synthèse, très orienté, plus facile à accepter car dans l'urgence.

Je maintiens ce que j'avais dit ailleurs : Rien ne nous garantit de l'efficacité des solutions, en dehors des cinématiques de fin, et rien ne nous garantit que le Catalyseur nous dise tout ce qu'il faut savoir, ni même ne nous dise la vérité, sur les conséquences, ses motivations, etc. Nous devons prendre pour argent comptant ce qu'il nous dit. Et en prenant en compte ou en considérant qu'il nous cache des choses, vu qu'il nous permet de discuter un peu mais qu'il oriente la discussion et qu'il ne veut pas trop en dire non plus.

Et concernant le teaser... Difficile effectivement de s'appuyer dessus.
Cela étant, les Moissonneurs en arrière plan rejettent l'idée que cela se passerait entre le prologue de Mass Effect 2 et le reste. Et une idée m'est venue...
Qu'on va encore m'accuser de vouloir trouver n'importe quoi ou de faire revenir Shepard coûte que coûte, mais passons. Ce n'est qu'une idée, un peu farfelue, une simple théorie, sans réel fondement autre qu'une imagination gangrénée ! (Car en fait, faire revenir Shepard, j'en ai que moyennement envie en fait, je pense que la licence peut évoluer sans, en a besoin même et j'aurai trop peur que ça soit mal fait ou fan service. C'est vraiment juste une idée comme ça en voyant le poste. Surtout que le choix d'une fin c'est compliqué.)
Et si... c'était une suite du contrôle ?
Les Moissonneurs, après avoir été une force de "sécurité" dans la galaxie sous le joug de Shepard, disparaissent sans raison. Leurs "cadavres" sont découverts à différents endroits de la galaxie. Et Shepard, nouveau catalyseur... semble également avoir disparu. Que s'est-il passé ? Liara, qui a découvert ce qu'était devenu Shepard, cherche des réponses.
Je vois pas trop vers quoi ça pourrait aller, le lien avec Andromède, ou l'intérêt, mais bon :p


Désolé pour le pavé, et merci pour ce dossier ;)
Je suis méga heureux de lire vos pavés et vos débats. C'etait ce que j'espérais !

Toutes vos interprétations se valent. Le titre est évidemment là pour piquer votre curiosité et vous inviter au débat pour défendre vos idées.

Moi ce qui me gène dans le Contrôle  C:-) ce n'est pas tant la finalité du choix : c'est qu'on a rien pendant la trilogie pour appuyer ce choix. J'aurai dans ce cas préféré avoir l'option de me séparer de l'Alliance dans le 3 et continuer avec TIM et adopter ses idées.

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