Livres Mass Effect Andromeda : comment se terminent-ils et que faut-il en retenir ? Simon N7 25/05/2020

Livres Mass Effect Andromeda : comment se terminent-ils et que faut-il en retenir ?

Tout comme la trilogie Shepard, Mass Effect Andromeda devait introduire une multitude d’histoires secondaires développées à travers des romans et comics. Bioware avait même fait allusion à un roman non-paru qui devait le pont avec le fameux projet d’adaptation cinématographique, finalement retombé dans les abysses depuis plusieurs années. 

En tout, ce sont 3 romans et un comics qui sont parus de 2017 à 2018 en lien direct avec Mass Effect Andromeda. Seul un livre n’a pas bénéficié d’une édition française, il s’agit du dernier roman « Annihilation » consacré à l’arche quarienne. Avec un certain recul (retard), nous vous proposons un rapide état des lieux des livres proposés, de leurs fins respectives (évidemment gros SPOILERS) ainsi que de nos avis rapides.

Roman 1/3 – FR – Mass Effect Andromeda : la Révolte du Nexus

Disponible sur Amazon.fr.

Synopsis : Endormis pendant des siècles à bord de leur vaisseau, les colons ont rêvé d’un nouveau foyer au cœur de la galaxie d’Andromède. Mais lorsqu’ils s’éveillent enfin, leurs espoirs volent en éclats. Turiens, Galariens, Asari et Humains se retrouvent soudain face à des dangers qui surpassent leurs pires cauchemars.

Le Nexus, pivot de l’exploration de leur nouvelle colonie, a subi des dégâts critiques avant même l’arrivée des arches. La mission compromise, la chef de sécurité Sloane Kelly doit rétablir l’ordre dans la station et identifié au plus vite la nature de la menace qui pèse sur ses résidents.

Son échec sonnerait le glas de l’Initiative Andromeda.

 

  • Comment ça se termine ? 

Pour faire face d’un seul coup aux rebelles et à leurs problèmes d’approvisionnement, Tann leur donne un ultimatum : l’exil sur les planètes hostiles ou la cryostase. Les rebelles et Sloane choisissent l’exil. Dans le même temps, la situation avec les Krogans devient très compliquée mais les krogans Nakmor Drack et Nakmor Kesh parviennent à calmer la situation entre le dirigeant par intérim Tann et Nakmor Morda, chef des Krogans. Ces derniers font donc également le choix d’un exil. Kesh se porte volontaire pour rester sur le Nexus afin de s’assurer que les krogans ne soient pas entièrement dépourvus d’alliés. 

Supervisant l’armada de navettes qui se prépare au départ, Tann et Addison réfléchissent aux erreurs de cette mutinerie. Tann se demande si Jien Garson aurait pris les mêmes décisions qu’eux, et Addison pense qu’elle n’aurait pas laissé la situation se détériorer en premier lieu, un aveu de leur inaptitude à gérer les chaînes de commandement. 

« Je pense que le plus grand sacrifice de notre vie n’a pas été de venir ici. […] Le plus grand sacrifice n’était pas leur départ. C’était elle (Jien Garson) ». Jarud Tann

  • Avis express (Thain)

Le récit s’attache beaucoup trop aux dirigeants du Nexus et ne fait que renforcer l’animosité que l’on éprouve déjà pour eux (au travers du jeu Mass Effect : Andromeda). Malheureusement, il est difficile d’éprouver de l’empathie pour l’héroïne Sloane Kelly du fait de son attitude et de ses humeurs assez extrêmes. Compte tenu de l’apport du livre dans l’univers, on peut se plaire à croire qu’un simple comics aurait rempli la tâche de raconter la révolte du Nexus. C’est d’autant vrai qu’on pardonne davantage à un comics ses errements de scénario. Difficile pour un roman toutefois d’argumenter la pauvreté de son action… Critique complète

Roman 2/3 – FR – Mass Effect Andromeda : Initiation

Disponible sur Amazon.fr.

Synopsis : L’Initiative Andromeda a pour objectif d’expédier une flotte d’arches coloniale vers la galaxie d’Andromède, chacune transportant une race du Conseil. Lorsque des informations confidentielles sont dérobées par un mystérieux ennemi, Alec Ryder recrute le lieutenant Cora Harper afin de les retrouver avant qu’elles ne soient utilisées contre l’Initiative. Membre de l’unité d’élite asari des Filles de Talein, entraînée par Nisira T’Kosh elle-même, Harper est une combattante hors pair. Mais pour cette mission, elle ne pourra faire confiance à personne, pas même à Ryder.

En cas d’échec, la mission Andromeda pourrait ne jamais parvenir à bon port. 

  • Comment ça se termine ?

Après avoir complété la mission qui lui avait été confiée, Cora Harper décide de rejoindre l’Initiative Andromède, malgré certaines réticences de cette dernière suite aux révélations de son enquête. Alec Ryder lui propose une visite de l’arche humaine Hypérion, c’est alors qu’une explosion survient dans leur navette de transport qui était garée directement au-dessus du nœud SAM. SAM-E*, l’IA confiée à Cora par Alec Ryder pour l’assister dans ses missions, est endommagée et fait ses adieux à Cora avant de se déconnecter. Alec Ryder intègre alors SAM-E à SAM, puis parvient à peine à transférer SAM dans sa blue box lourdement blindée, manquant presque de périr dans le processus sans l’intervention biotique de Cora.

Cora sécurise Alec Ryder dans une infirmerie à proximité et échange via un holo avec Jien Garson. Cora arrive à la conclusion que l’Initiative Andromède n’était qu’une couverture élaborée et coûteuse pour créer une IA fonctionnelle (chose interdite). Bien que Garson nie toute responsabilité dans la fuite initiale du code d’Alec Ryder. Elle parle de quelqu’un plus influent qu’elle, tirant toutes les ficelles pour voir la recherche se concrétiser. L’attentat est finalement attribué à une organisation pro-humaine, Homeward Sol.

*SAM-E avait été conçu pour tester si d’autres personnes peuvent hériter d’une intelligence artificielle. Si les choses avaient fonctionné comme prévu, la SAM aurait dû s’intégrer à la SAM-E en cas de décès de Ryder, et non l’inverse, et Cora serait devenue le successeur de Ryder en tant que Pionnier. Ryder considère l’expérience comme un échec, ce qui signifie que son SAM ne peut être transféré qu’à son fils ou à sa fille (expliquant le prologue de Mass Effect Andromeda). La matrice de personnalité de SAM-E a disparu et Cora en est profondément attristée, bien que ses souvenirs continuent de vivre dans SAM. Pour en revenir au nœud SAM endommagé à la suite de l’incident, lorsque Cora confirme les souvenirs du SAM-E, elle embrasse un panneau sur une paroi de processeur intacte en souvenir de la promesse qu’elle avait faite au SAM-E quelques mois plus tôt.

Un Alec Ryder perplexe sent qu’il y a une histoire à raconter à ce sujet, bien que Cora lui réponde simplement de lui demander à nouveau dans 600 ans.

  • Avis express (Antoine N7) :

Agréablement surprenant, voilà comment résumer le plus succinctement possible Mass Effect Andromeda : Initiation après sa lecture. C’est un bon spin-off tourné vers une thématique phare dans l’univers de Mass Effect en adoptant un côté policier qui alterne entre différentes phases de combats ou de conversations. Il fait preuve d’une parfaite cohérence avec l’univers en se mêlant avec la plus grande aisance aussi bien dans la Voie Lactée que dans Andromède. Bien que les personnages principaux se montrent peu surprenants et que la majorité des événements qu’ils y vivent sont ignorés dans Mass Effect Andromeda, ce détachement n’entrave en rien la lecture. C’est ainsi qu’il faut voir ce roman : si son contenu  lui est réservé, les questions qu’il pose arrivent quand même à toucher l’essence même de Mass Effect et augurent de grandes choses pour l’avenir. Critique complète.

Roman 3/3 – US – Mass Effect Andromeda : Annihilation 

Synopsis : Alors que l’arche Quarienne Keelah Si’yah navigue vers la galaxie d’Andromède, transportant 20 000 colons de plusieurs races dont les Drell, Elcor et Butariens, une vérification de routine révèle que de nombreux colons Drell sont morts dans leurs cryopodes ainsi que la présence d’un agent pathogène. Ce dernier commence à toucher d’autres espèces tandis que la technologie de l’arche commence à être défaillante, indiquant clairement qu’il ne s’agit pas d’un accident : c’est un sabotage et le coupable est toujours à bord.

Les systèmes de l’arche se dégradent rapidement et la panique se propage parmi les colons. Pour empirer les choses, le virus produit un terrible gonflement du cerveau qui provoque la folie, des hallucinations et mène à la violence. Si l’équipage de l’arche ne peut pas restaurer les équipements technologiques et trouver un remède, le Keelah Si’yah n’arrivera jamais jusqu’au Nexus.

  • Comment ça se termine ?

Il s’avère que le responsable du sabotage de l’arche est une quarienne du nom de Qetsi. Cette dernière nourrit une haine envers les races conciliennes depuis que des galariens ont failli causer sa mort durant son pèlerinage. Elle a passé ses mois de convalescence à apprendre à créer sa propre arme biologique. Dégoûtée de voir que les races du Conseil allaient une nouvelle fois être les décideurs dans Andromède, Qetsi a créé une arme biologique, avec l’intention de n’utiliser que les Drells de l’arche comme vecteur d’infection. Elle a sélectionné des drells extravertis pour faciliter la transmission à bord de l’arche. Elle voulait seulement que les races « mineures » aient une chance de survie pour enfin inverser la tendance, de préférence avec les quariens à leur tête, au lieu de quitter la Voie Lactée pour une autre galaxie où ils auraient de nouveau été marginalisés.

Le complot de Qetsi est finalement découvert et elle se voit être transformée en remède « ambulant ». Sa punition consistant à transmettre le remède avec un contact direct avec l’équipage, ce qui est assez ironique, mais sans sa combinaison de protection environnementale. Le problème étant que sa physiologie quarienne fait de cette quête une condamnation à mort. Elle respire donc les vapeurs d’ammoniaque de la zone Volus après en avoir traversé cinq autres, tout en regrettant ses actes passés. 

Une fois tous les problèmes résolus, l’équipage réveillé repart en cryogénisation afin de poursuivre le voyage vers Andromède et le Nexus.

  • Avis express (Simon N7) :

Une nouvelle fois, il est question d’une station spatiale en déroute, de complots et de conflits… qui finalement n’ont pas d’impact significatif sur la trame principale qui est celle du jeu Mass Effect Andromeda. Le roman a au moins le mérite de mettre les races non-concilliennes (Quariens, Drells, Volus…) au cœur de son histoire, sans le moindre humain à l’horizon, mais sans jamais prendre le risque de faire un pont direct avec la fin de MEA. Par exemple, le roman aurait pu se clôturer sur l’arrivée de l’arche quarienne vers le Nexus pour annoncer les événements d’un hypothétique de Mass Effect Andromeda 2…etc 

 

Comics 1/1 – FR – Mass Effect : Nouveau Monde

Disponible sur Amazon.fr.

Synopsis : L’Initiative Andromède… Aux yeux du public, l’entreprise colossale de Jien Garson n’a qu’un but : trouver un nouveau foyer à l’humanité et aux autres peuples de la Voie lactée. Mais lorsque le lieutenant Teran Kandros se retrouve seul survivant d’une attaque dévastatrice, il commence à soupçonner que derrière ce prétexte humanitaire se cachent des motivations plus sinistres…

Déterminé à lever le voile sur les intentions de l’Initiative, Teran sera contraint de s’y infiltrer. Et tout en aidant Jien Garson à retrouver un scientifique disparu dans des circonstances suspectes, le lieutenant devra redoubler de vigilance pour affronter les nombreux dangers sur son chemin et faire éclater la vérité au grand jour.

  • Comment ça se termine ?

Après avoir recroisé la route de sa cousine Nyreen sur Oméga (personnage central du DLC Mass Effect 3 Oméga), Teran Kandros retrouve le scientifique disparu. Un quarien qui est la clé pour répertorier les « mondes en or » de la galaxie Andromède. Aidé de Teran, le scientifique quarien utilise une base des Geth, qui s’avère être un rassemblement de 3 relais cosmodésiques, pour obtenir les données tant espérées par Jien Garson. Le quarien précise par ailleurs que cette base geth a été conçue pour une finalité qu’il ignore, point intéressant de cette histoire et qui restera un mystère.

Mission accomplie pour le turien Teran Kandros qui s’est sans doute trop prêter au jeu de la mission sous couverture et oublie son objectif initial : lever le voile sur les secrets de l’Initiative Andromède. De retour parmi les siens, il décide donc de ne plus jouer la comédie au sein d’Initiative Andromède. Il est maintenant convaincu des bonnes intentions de Jien Garson et décide d’apporter son expérience en rejoignant l’équipage du Nexus. Il change donc son fusil d’épaule et son enquête sur l’Initiative Andromède n’aura jamais été complètement finalisée…

« Il reste beaucoup de questions sans réponse concernant l’Initiative et ses bienfaiteurs…mais j’ai confiance dans les intentions de Garson et son optimisme me galvanise. » Teran Kandros

  • Avis express (Simon N7) :

Mass Effect Nouveau Monde fait bien le job. Les dessins sont très réussis et le choix du personnage central, Teran Kandros, s’avère payant. Sur 90 pages, le comics parvient à tisser un minimum de background autour de ce personnage et de l’Intiative Andromède. L’aventure est prenante et introduit des idées intéressantes : l’adversaire galarien (un biotique extrêmement dangereux), le complexe Geth composé de relais cosmodésiques… En revanche, une fois encore, l’histoire nous laisse sur notre faim. Alors que le but du héros est justement de lever le voile sur les agissements de l’Initiative, au final, cette enquête passe complètement à la trappe et Teran Kandros finit « in love » de Jien Garson…

4 livres pour 1 jeu vidéo, pour quel résultat ?

A l’image de ce qu’a proposé le jeu Mass Effect Andromeda, les livres associés proposent des histoires souvent trop longues, qui teasent beaucoup de choses…pouvant lasser puis nous laisser sur notre faim :

  • Avec ces 500 pages, le premier roman ne fait que détailler davantage ce que nous connaissions déjà de la Révolte du Nexus tout en s’attardant sur Sloane Kelly, un personnage qui n’aura clairement pas marqué la saga Mass Effect de son empreinte.
  • Le deuxième roman, plus inédit et plus parlant pour les fans, propose enfin des révélations bienvenues sur l’Initiative, le père de Ryder et Cora Harper.
  • Le troisième roman apporte enfin un peu plus de clarté sur le sort de l’arche quarienne mais sans pour autant prendre le risque d’établir un lien direct avec la fin de Mass Effect Andromeda, ce qui était finalement attendu d’un tel livre.
  • Le comics s’en tire très bien et propose une aventure réussie… mais qui encore une fois n’ose pas prendre de risque à détailler une révélation importante concernant l’Initiative Andromède alors qu’il s’agit pourtant du rôle initial de Teran Kandros. 

Même en additionnant les 4 livres et le jeu MEA, on se retrouve finalement toujours avec très peu d’informations sur le but véritable de l’Initiative Andromède, sur une quelconque idée de l’identité de la « bienfaitrice », le devenir de l’arche quarienne… Tout de même un peu frustrant après avoir passé autant de temps à jouer à un jeu et à avoir lu des livres. Concernant les livres, on peut comprendre que certaines révélations étaient réservées à un potentiel Mass Effect Andromeda 2. Cette stratégie scénaristique reste cohérente par rapport au jeu qui se contente de poser les bases d’un nouvel univers. En effet, il serait finalement injuste de révéler les clés de l’histoire dans des produits dérivés, mais pour autant c’était aussi la promesse de ces livres qui ne font finalement qu’effleurer les réponses attendues sans jamais les dévoiler.

La trilogie Shepard avait quant à elle été accompagnée de 3 excellents romans (et certes d’un 4ème quasiment renié). On ne peut que regretter ces romans Mass Effect d’un autre temps, qui avaient réussi à parfaitement approfondir les événements passés avant l’ère Shepard, et ce, sans nous laisser sur notre faim, bien au contraire. 

Si une suite de Mass Effect Andromeda ou un « Mass Effect 5 » voyait le jour, on espère que Bioware ne refera pas les mêmes erreurs et se concentrera davantage sur la qualité que la quantité, afin de proposer des histoires secondaires vraiment prenantes et utiles au développement narratif pour les fans de la saga.