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Les Moissonneurs – Technologie et comportement

Moissonneurs : Evolution contrôlée

30/08/2012
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Les Moissonneurs sont les entités les plus puissantes de Mass Effect :  absolument rien ne peut leur résister. Depuis des millions d’années, ils sont l’épée de Damoclès au dessus de la Voie Lactée. Ils sont l’immortel et inévitable fléau qui attend patiemment de s’abattre sur l’Existence toute entière.

Grandement inspirés des œuvres de Lovercraft et ses entités supérieures du célèbre Mythe de Cthulhu, les Moissonneurs suscitent l’effroi. La première rencontre avec Sovereign reste encore à ce jour dans tous les esprits des fans comme étant un moment mémorable. Mais cette peur panique n’est finalement que le fruit de l’inconnu.

En 2186, la galaxie se bat contre cette menace dont parlait Shepard il y a trois ans. Ce contact brutal force toutes les espèces les plus avancées à trouver rapidement des solutions pour contrer les envahisseurs. Ce faisant, ils vont peu à peu comprendre la nature des ces êtres qui prétendent être l’Apex de l’évolution.

Ces connaissances permettront de démystifier l’Augure et ses acolytes mais n’amoindriront que partiellement l’irrévocable peur que leur silhouette provoquera dans les cieux embrasés.

« Vôtre espèce a l’attention de ceux qui vous sont infiniment supérieurs. »

L’Augure.

Partie 1 : Connaître son Ennemi

Les Moissonneurs sont le summum de l’évolution galactique dans Mass Effect. De fait, ils disposent d’une technologie bien supérieure à celle des autres espèces.

Le corps d’un Moissonneur évoque l’espèce à l’origine de leur création : les Leviathans, première race technologiquement évoluée de la galaxie aux pouvoirs télépathiques avancés.

Les Moissonneurs de classe Sovereign servent de cuirassés de deux kilomètres de long et bombardent les centres démographiques tandis que les Destructeurs (appelés ‘classes Destroyer’ au cours du jeu), plus petits, sont des unités d’assaut mobiles et de défense au sol de 160 mètres d’envergure. Les deux dernières catégories, les transports de troupes et les vaisseaux de traitements (centre de récolte de l’ADN moissonné) semblent ne pas avoir de conscience mais sont dirigés à distance par les Moissonneurs.

mass-effect-dossiers-moissonneurs-04Le modèle de base qui a servi à l’élaboration du design commun des Moissonneurs est un arthropode connu sous le nom de « phasme ». Néanmoins, cet arthropode a été revisité afin de lui donner une allure plus aquatique via l’ajout de tentacules, par exemple.

Les Moissonneurs se définissent comme l’Apex de l’évolution et sont la synthèse de l’organique et du synthétique.

La partie organique est composée, ironiquement, d’ une immensité de programmes conscients (contrairement aux Geth dont chaque programme individuel est une IV non consciente) qui sont la résultante d’un gigantesque brassage génétique  lors de la moisson d’une espèce.

Le matériel génétique  est mis en commun pour ne former plus qu’un esprit, une intelligence qui se donne un nom unique. Pour citer Légion, lorsqu’il parle de Sovereign : les programmes au sein de l’Ancienne Machine ‘se donnaient le nom de Nazara’. C’est sans doute ce qui explique que les Moissonneurs se considèrent comme étant chacun un ‘Etat-Nation indépendant’. Il est également intéressant de constater que les Moissonneurs ne prennent que les personnes bénéficiant d’un très bon matériel génétique afin de se reproduire et évoluer ; les autres étant tout simplement transformés en Moissonneur de classe Destroyer ou en zombies pour servir de chair à canon. On peut dès lors extrapoler les évènements de Mass Effect 2 et considérer que l’intérêt des Récolteurs pour le corps de Shepard (voir le Comics Mass Effect Rédemption) était dû au matériel génétique particulièrement précieux du commandant pour la création du proto-moissonneur humain. IDA dit elle-même dans Mass Effect 3 : ‘Je suis impressionnée par vôtre résistance, Shepard […]’.

Mass Effect Collectors

En ce qui concerne la partie synthétique des Moissonneurs, elle répond à des standards qui sont proches de ceux des vaisseaux traditionnels des autres races de la galaxie. En effet, pour se déplacer, un Moissonneur  a besoin d’un noyau d’élément zéro capable de propulser un vaisseau de ligne deux fois plus rapidement (30 années lumières en 24h, pour un Moissonneur) que ne le permettent les limitations technologiques en 2186.

Etant donné la masse gigantesque des classes Sovereign, celui-ci doit être suffisamment gros et puissant pour permettre le décollage ou l’atterrissage. Cependant, l’utilisation d’un moteur gravitationnel aussi puissant est un point faible majeur pour les Moissonneurs : lors de l’atterrissage, l’énergie nécessaire à la diminution de masse réduit considérablement leur barrière cinétique, ce qui les rend vulnérables face aux tirs de cuirassés adverses. Le risque est cependant relatif car il faut quatre cuirassés tirant simultanément pour venir à bout de cette barrière cinétique très puissante. De plus, des armes à émission de chaleur comme le canon Thanix sont plus efficaces contre celle-ci, par rapport à des armes à impact cinétiques simples.  Afin de se défendre, les Moissonneurs disposent également d’une technologie avancée similaire aux batteries anti-missiles GARDIA  sur leur armure ainsi que d’un stock de drones de combat assimilé à des chasseurs : les oculi.

Leur arme principale, quant à elle est un laser rouge excessivement puissant et capable de trancher un cuirassé sans aucune difficulté. Dérivé de cette technologie, le canon Hadès est un gigantesque canon anti-aérien monté sur le châssis des Destroyers. Le canon Thanix (mélange de fer-uranium-tungstène maintenu ensemble dans un champ électromagnétique dérivé du noyau d’ézo et quasiment propulsé à la vitesse de la lumière), utilisé par l’alliance et les autres espèces depuis la destruction de Sovereign lors de la bataille de la Citadelle de 2183, s’inspire lui-même de cette arme.

Les Moissonneurs réservent le meilleur de leur technologie aux classes Sovereign et Destroyer. En effet, un comportement typique des Moissonneurs durant l’invasion de la galaxie consiste à conserver certaines stations d’extraction d’Hélium-3 et autres éléments rares de quelques points stratégiques pour leurs vaisseaux de transports des troupes terrestres. Les Moissonneurs de classes supérieures n’ont, quant à eux, pas besoin de ressources organiques ou minérales, leur noyau d’ézo étant probablement auto-suffisant.

De plus, le cœur de leur réacteur ne nécessite pas de décharges statiques dans le champ électromagnétique des planètes. C’est à l’atterrissage que les Moissonneurs se déchargent de leur excédent énergétique au vue des immenses arcs électriques visibles lorsqu’ils se posent au sol.

Comparativement à leurs subalternes Récolteurs, la scissure entre organique et synthétique est presque inexistante chez les Moissonneurs. Il y a un énorme contraste entre l’anarchie, le chaos de la base récolteur et l’ordre des lignes épurées des Moissonneurs.

La visite des entrailles du Moissonneur dans la mission de récupération de l’identifiant est, à ce titre, édifiante. Tout est parfaitement ordonné, fonctionnel et vivant, tant les tubulures gigantesques nous semblent similaires au réseau de veines et d’artères d’un corps organique.

De surcroît, une étude turienne, peu après la destruction du Destroyer de Tuchanka, nous apprend que les classes Sovereign sont toutes uniques, ce qui corrobore la théorie selon laquelle une seule race distincte est moissonnée à chaque cycle pour créer un seul et unique nouveau Moissonneur.

Les autres classes, y compris les Destroyers possèdent des éléments communs, non différenciés à cause du patrimoine génétique plus basique utilisé pour leur construction.

Enfin, le Cycle dans lequel se déroule la trilogie constitue un tournant majeur pour des Moissonneurs bien moins en verve contre les races organiques inférieures. Pour la première fois, ils envisagent de modifier leur apparence en créant un proto-moissonneur humain. Nous manquons néanmoins de données pour comprendre les raisons de ce changement mais il semble probable qu’ils poursuivent eux aussi une logique d’évolution.


Partie 2 : Endoctrinement

Un autre aspect primordial de leur technologie est l’endoctrinement. Ce procédé consiste à contrôler mentalement l’esprit d’autres espèces afin de servir les desseins des Moissonneurs.  Il a l’unique défaut de rendre  la personne amorphe au bout d’un certains temps. Pour ce faire, le Moissonneur utilise des champs électromagnétiques ainsi que des émissions infrasoniques  et ultrasoniques perturbant le mode de pensée de l’individu ciblé. Il devient facilement contrôlable et peut, au choix, considérer les Moissonneurs comme des dieux ou bien ne se rendre compte de rien et penser qu’il agit de son propre chef. Ce dernier cas de figure est utilisé pour les très connus Saren Arterius et L’Homme Trouble.

Il est souvent plus efficace pour les Moissonneurs de laisser un semblant de liberté aux gens puissants et influants afin de manipuler au mieux les hautes sphères de la galaxie et préparer efficacement la moisson.

Cette faculté semble être innée chez les Moissonneurs. Ceux-ci n’ont pas besoin d’être conscients ou même vivants pour que l’endoctrinement se produise. Pour rappel, le Moissonneur mort de Mnémosyne a quand même endoctriné ses occupants. De même, l’objet Rhô découvert par le Dr Kenson dans ‘l’Arrivée’ n’est qu’une simple balise qui, pourtant, endoctrine tout le personnel. On peut donc supposer que la faculté d’endoctrinement est liée au matériel utilisé pour la création des Moissonneurs et leurs artéfacts. Néanmoins, cette hypothèse reste difficile à démontrer parfaitement, les artéfacts pouvant simplement servir de relais aux ondes de leurs créateurs.

Cette capacité d’endoctrinement trouve ses origines dans la faculté des Leviathans à manipuler l’esprit par domination mentale. Il semble donc logique de croire que l’endoctrinement est l’imitation synthétique de ce pouvoir.

Une information supplémentaire provient du codex de Mass Effect 3, dans la partie réservée aux Rachnis. Il est dit qu’il est facile, pour les Moissonneurs d’endoctriner cette race au vu de leur mode de pensée collective : les Rachnis communiquent en « chantant », par le biais d’ondes qu’ils perçoivent de différentes couleurs en fonction du message et l’émotion communiquée. Les ondes corruptives des Moissonneurs sont perçues par les reines Rachnis comme des ‘notes aliénantes’, un son creux qui corrompt l’esprit des larves.  Cette espèce semble avoir été manipulée lors de la guerre rachni pour une raison inconnue.

On peut également mettre en évidence la facilité déconcertante avec laquelle les Moissonneurs ont corrompu les Geth hérétiques qui, eux aussi, utilisent un mode de pensée collectif, un consensus. Nazara leur avait promis de partager la technologie Moissonneur avec eux; voire même de faire des Geth un Moissonneur à part entière afin que les programmes geth accèdent à la conscience individuelle.

Ces faits permettent de souligner deux points importants concernant l’endoctrinement. Le premier est que les Moissonneurs endoctrinent plus facilement les êtres isolés, plus faibles mentalement (un Geth et un Rachni sont toujours plus faibles, moins intelligents en cas d’isolement). Le second point,  en corrélation avec le premier, tend à prouver que l’endoctrinement mental fonctionne plus efficacement chez des personnes individualistes ou étant obsédés par un but précis : l’envie d’évolution des Geth hérétiques, la volonté de suprématie humaine pour l’Homme Trouble, la suprématie turienne pour Saren  et son désir de vengeance, après la mort de son frère Désolas en 2157.

Les Moissonneurs utilisent cette obsession en la faisant passer pour un but légitime  afin que l’esprit du sujet oppose moins de résistance à leurs desseins. Le fait que le Commandant Shepard résiste à cet endoctrinement alors qu’il est en contact pendant plus de trois ans avec les Moissonneurs provient certainement de sa volonté inflexible, son envie de sauver la galaxie. Shepard ne poursuit pas un but égoïste, son corps et son esprit sont résistants, ce qui l’immunise probablement en grand partie face à l’intrusion mentale de  ses adversaires. Les Leviathans voient d’ailleurs le Commandant comme étant une anomalie considérée menaçante par les Moissonneurs.

Il existe, parrallèlement, une autre méthode d’endoctrinement  plus invasive: les implants cybernétiques et la nanotechnologie. Il s’agit de la manière la plus violente et la plus rapide dont disposent les Moissonneurs pour asservir une population lorsqu’ils peuvent enfin agir à la lumière du jour. Par le biais des Dents du Dragon, découverts dans Mass Effect 1 (et utilisés par les Geth dans un premier temps), ils empalent leurs victimes, permettant l’injection de nanites dans le corps des individus et les vidant de leurs composés organiques (eau, ions, etc.). Ces nanites reprogramment entièrement le corps et l’esprit de la personne concernée et la transforment en serviteur dépourvu de toute pensée propre. En contrepartie, les capacités physiques de la victime sont décuplées afin de servir de soldat de première ligne. C’est ainsi que naissent les zombies humains et d’autres abominations nécessitant un remaniement neurobiologique comme les Cannibales, les Brutes, les Prétoriens, les Maraudeurs, etc. Ce procédé prend environs une semaine, d’après les estimations de Cerberus, lors des expérience menées sur Paul Grayson.

Entre autres artéfacts, les Moissonneurs utilisent également l’objet Rhô, le monolithe Arca (voir « Mass Effect Evolution ») et d’autres dispositifs inconnus, visibles durant le passage de Shepard dans le nid Rachni de la planète Utukku.

On peut donc considérer que cette méthode est le penchant physique de l’endoctrinement mental décrit plus haut. C’est cette dernière méthode qu’expérimente l’Homme Trouble sur ses hommes et sur lui-même car il pense que l’augmentation humaine par la nanotechnologie est la  clé de l’évolution humaine et de la compréhension des capacités de contrôle des Moissonneurs.

Pour synthétiser, les Moissonneurs endoctrinent de manière subtile lorsqu’ils sont cachés dans l’Abîme et que leurs plans doivent rester secrets avant l’invasion.  Puis, lorsqu’ils se déclarent aux yeux de tous, ils transforment les populations les moins intéressantes d’un point de vue génétique en monstres décérébrés et complètement dévoués à la moisson.

Une étude de Cerberus et l’Homme Trouble, menée quelques mois avant la création du Sanctuaire en 2186, met en évidence l’utilisation des nanites moissonneurs autorépliquants et l’intrication quantique dans le processus d’endoctrinement physique. En résumé, il existe dans l’univers, des particules qui se font écho. Si l’on change la polarité d’une particule, l’autre s’inverse immédiatement et inversement. L’injection de nanites, associés à la maitrise de l’intrication quantique, permet aux Moissonneurs de communiquer et manipuler directement les sujets zombifiés et ce, malgré l’énorme distance qui sépare les Moissonneurs de leurs créatures. Notons que l’intrication quantique est la méthode utilisée par les Leviathans afin d’observer, interagir et manipuler les espèces asservies lors de leur règne tout puissant.

Enfin, il y a une ultime méthode d’endoctrinement très peu utilisée par les Moissonneurs car celle-ci les affaiblit considérablement : la prise de contrôle. A l’image du Général Récolteur/L’Augure de ME2, les Moissonneurs sont capables de prendre directement possession d’un corps organique afin de l’utiliser comme un vaisseau de chair et d’os. Le sujet doit préalablement être contaminé par les nanites moissonneurs pour que le contrôle puisse s’opérer.

On dénombre deux cas de figures dans Mass Effect : Saren, réanimé par Sovereign dans la Citadelle et Paul Grayson, dans un laboratoire secret de Cerberus. Cette prise de contrôle est facilitée par la diminution des résistances mentales de la victime qui se laisse alors submerger par les murmures des Moissonneurs qu’il entend dans sa tête.

Le sujet peut, dans un premier temps, se faire influencer dans ses choix sans s’en rendre compte mais, au final, il perd toute faculté à maitriser son corps, dirigé à distance par les Moissonneurs. La dernière étape consiste en l’altération totale de l’esprit de la victime. Cette poupée organique est appelée ‘Avatar’ par les Moissonneurs. A l’image des plateformes d’intervention mobiles Geth, les Avatars sont le moyen le plus efficace dont les Moisonneurs disposent pour infiltrer les sociétés organiques et y agir à leur guise. Ce procédé ne peut néanmoins pas être utilisé à la légère puisqu’il consomme une énorme quantité d’énergie nécessaire au maintient de la barrière cinétique des Moissonneurs. C’est en effet à cause de la prise de contrôle du cadavre de Saren que Sovereign fut abattu aux portes de la Citadelle.

 

Partie 3 : Les relais, le piège galactique

La technologie cosmodésique, comme décrit plus haut, sert avant tout les intérêts des Moissonneurs. En dehors de leur propre corps, des artéfacts multiples et de l’endoctrinement, ils ont également laissé un héritage empoisonné à toute la galaxie : les relais cosmodésiques et la Citadelle.

Les relais de masse, communément appelés « relais cosmodésiques » sont des superstructures capables de créer un corridor sans gravité à travers l’espace. Cette prouesse permet aux vaisseaux de parcourir des milliers d’années – lumière  en un instant. En effet, malgré la possibilité de voyager au delà de la vitesse de la lumière grâce aux réacteurs  à élément zéro, le voyage spatial reste difficile étant donné les proportions gigantesques de la galaxie. L’utilisation des relais est donc la clé de voute de l’édification galactique. Ils permettent le voyage inter-monde et donc la rencontre, amicale ou non, d’autres espèces. La découverte d’un relais tient plus de la chance que de l’investigation car ce sont des objets froids : ils n’émettent  aucune radiation permettant de les localiser précisément dans l’immensité de l’espace. Le Dr Amanda Kenson  estime l’âge des relais à plusieurs millions d’années, sans autre forme de précision. Elle parvient à cette conclusion par le biais d’analyses centrées sur la poussière capturée par les puits de gravité des relais.

Ces superstructures sont constituées de deux lames en alliage inconnu au centre desquelles tournent deux disques maintenus en place par un gigantesque noyau d’élément zéro. Le tout est préservé des dangers spatiaux par un bouclier quantique maintenant en place les niveaux atomiques et subatomiques des éléments présents au sein du relais. De plus, des cycles d’entretiens automatisés assurent la maintenance et le renouvellement des pièces.

Théoriquement, les relais sont donc impénétrables, ce qui rend leur étude difficile. L’utilisation d’un bouclier quantique très puissant fait donc partie de la technologie des Moissonneurs. Alors, pourquoi donc n’utilisent-ils pas la même protection pour eux-mêmes ?  En réalité, l’utilisation d’un bouclier quantique les couperait du monde extérieur. Leurs appareillages, système de visée et autres, ne pourraient plus rien détecter du tout. L’utilisation d’une barrière cinétique classique est donc leur moyen de défense le plus efficient.

Etrangement, malgré leur imperméabilité structurelle, il est aisé d’activer un relai à distance. Il suffit ensuite au pilote d’indiquer la masse du vaisseau ou de la flotte et la distance à parcourir. Plus la masse ou la distance sont élevés, moins le relai est précis.

Il existe deux types de relais : les principaux et les secondaires. Les premiers permettent un voyage sur de longues distances mais sont unidirectionnels car un relai principal est relié à un relai jumeau. Les relais secondaires, quant à eux, permettent un voyage plus court mais donnent la possibilité au pilote de choisir sa destination ; le relai s’alignant tout simplement vers  la direction choisie. Quelques relais ont la particularité d’être ancrés sur l’orbite d’une planète grâce à l’attraction de celle-ci, comme ce fut le cas pour le relai Charon du système Hélios.

Au fur et à mesure de leurs découvertes, les espèces évoluées ont constaté que certains relais principaux  étaient désactivés et qu’il était prudent de ne pas les emprunter de manière irréfléchie ; la curiosité pouvant conduire à un monde inhospitalier et ouvrir un chemin direct à une espèce hostile, comme ce fut le cas pour les Rachnis.

La Citadelle, quant à elle, est une vaste station spatiale flottant au milieu de la nébuleuse du Serpent. Son alliage est identique à celui des relais cosmodésiques. La Citadelle présente un anneau central sur lequel vient se greffer une tour d’un kilomètre de hauteur et autour duquel naissent cinq bras de quarante-sept kilomètres de long. Elle est entretenue par une espèce  peu loquace : les veilleurs. Ils assurent le bon fonctionnement de la station par le biais d’écrans holographiques dont les fonctions sont inconnues et vont même jusqu’à déplacer des maisons qui seraient placées à un endroit inadéquat.

La station, à l’époque de Mass Effect, est utilisée comme capitale galactique, siège du grand Conseil. Ses bras, appelés « secteurs » sont utilisés comme gigantesques zones d’habitation, de commerce et de travail tandis que son anneau, le Présidium fait office de haut lieu politique et sert d’habitation aux plus fortunés. La gravité et l’atmosphère de la station restent en place grâce à  la force centrifuge de la Citadelle et une membrane de gaz maintenue en place par des champs de gravité puissants.

En dessous des zones habitables se trouvent les fondations. Situées entre le grand mur externe de la Citadelle et les structures porteuses, elles contiennent les systèmes de survie et les composants énergétiques de la station. Cet endroit demeure quasiment inexploré car presque exclusivement utilisé par les Veilleurs, dans le cadre de leur maintenance quotidienne.

En cas d’attaque, la Citadelle dispose d’un système de repli qui permet à ses cinq bras de se refermer, transformant la station en un cylindre de métal totalement fermé au monde extérieur.

Ces deux exploits technologiques – les relais et la Citadelle- sont depuis toujours attribués aux Prothéens. Toutefois, la réalité est bien différente car ce sont les Moissonneurs qui sont à l’origine de ces grandes structures spatiales : ‘ils sont l’héritage de nôtre civilisation’, comme se plait à le rappeler Sovereign.  En construisant les relais et la Citadelle, les Moissonneurs s’assurent que la galaxie évolue dans le sens qu’ils souhaitent.  Les Leviathans, quant à eux,  n’avaient pas besoin de cette technologie pour le déplacement intra-galactique. Le système de relais ayant été mis en place par les Moissonneurs afin de tisser une toile mortelle pour la galaxie.

En mettant à la disposition de la galaxie des relais cosmodésiques et une technologie de propulsion basée sur l’élément zéro,  les Moissonneurs obtiennent la garantie que les espèces à moissonner évoluent sur base d’une technologie qu’eux-mêmes connaissent et transcendent. Les relais ont également l’avantage d’augmenter la vitesse d’évolution des espèces à moissonner. De plus, à l’image d’une toile d’araignée, les relais servent à la conquête de la galaxie lors du Cycle de moisson. La Citadelle étant elle-même un relai cosmodésique relié à son jumeau dans l’Abîme (zone de vide entre deux galaxies et dans laquelle les Moissonneurs se mettent en stase, entre deux Cycles) ainsi qu’à tous les autres relais de la Voie Lactée, les Moissonneurs n’ont plus qu’à emprunter ce passage et envahir tous les mondes-éden.

L’avantage est double pour les Moissonneurs car en prenant possession directement de la Citadelle, ils paralysent tout le réseau cosmodésique tandis qu’ils peuvent l’utiliser librement. La prise de la Citadelle est également un rude coup porté à la galaxie, étant donné sa place et son rôle central pour tous les peuples : réseaux d’informations, système de défenses, forces armées, centre de commandement, valeur symbolique, choc psychologique, etc.

Afin de faciliter leur conquête, ils émettent des ondes en direction des Veilleurs, espèce anciennement asservie et utilisée comme garde-fou, afin d’empêcher les occupants de la Citadelle de découvrir son mode de fonctionnement. Ces ondes permettent d’ordonner aux Veilleurs d’activer le relai de la Citadelle et d’assurer le retour des Moissonneurs. C’est grâce à l’intervention des derniers scientifiques Prothéens que le pire a été évité, ceux-ci ayant préalablement déconnecté les récepteurs des Veilleurs afin que le pire ne se reproduise pas dans le prochain Cycle.

En conséquence, la Sentinelle des Moissonneurs (Sovereign) est obligée d’activer manuellement l’ouverture du relai. L’action des Prothéens, combinée aux actes de Shepard, retarde considérablement l’invasion Moissonneur. Ils sont donc obligés de se déplacer en vol SLM pendant trois ans pour atteindre la galaxie. En considérant qu’ils avancent à la vitesse de 30 années-lumière par jour, on peut supposer que le relai cosmodésique de l’Abîme est situé à 32850 années-lumière du relai le plus proche : le relai Alpha du sytème Bahak de l’Hégémonie Butarienne.

A l’image de la Citadelle et du relai Oméga-4, ce relai est spécial. En fonctionnement normal, il a la même puissance et la même portée qu’un relai classique mais, lorsque certains paramètres sont modifiés, il maximise sa puissance et permet la redirection d’une énorme masse à seize endroits de la galaxie et ce, simultanément. Il est, en outre, relié directement à la Citadelle, d’où la nécessité de le détruire en urgence lors du deuxième épisode de la saga. Le relai Alpha est tout simplement le plan B des Moissonneurs.

L’importance de la Citadelle n’est plus à démontrer : son positionnement au centre du système des relais en fait une cible prioritaire, capable d’isoler tous les monde-éden et faciliter la moisson avec l’aide de la population préalablement endoctrinée au cours des dernières années qui précèdent la fin du Cycle. Elle révèle cependant tout son intérêt lorsque le Commandant Shepard apprend qu’elle est le Catalyseur du Creuset, une arme de destruction massive à énergie noire capable d’utiliser le réseau des relais afin d’envoyer son énergie dans toute la galaxie.

Ce Catalyseur est une intelligence artificielle, créée par la race à l’origine des Moissonneurs. Celle-ci avait pour but de trouver une solution aux conflits récurrents entre les organiques et les synthétiques : elle servait de lien, de médiateur neutre. Les races inférieures étaient protégées par les Leviathans mais malheureusement, elles décidèrent, au cours de leur évolution, de créer des machines afin de subvenir à leurs besoins. Des conflits naissaient entre synthétiques et organiques et la situation devenait dangereuse, ce qui a forcé les Leviathans à trouver une solution par le biais d’une intelligence capable de rechercher au travers de toute la galaxie des informations capitales sur les organiques et les synthétiques.

Après analyse, elle découvre que les synthétiques et les organiques sont voués à se livrer une guerre sans merci de manière inévitable car les synthétiques veulent dépasser leurs créateurs, ce qui engendre des tensions et la peur chez les organiques. Elle endigue donc ce problème en créant un cycle de moisson et de destruction pour collecter et élever les  organiques au rang de Moissonneurs. ‘Mes créateurs leur ont donné une forme et moi, une fonction […]’. Le but du Catalyseur est de ramener l’équilibre, la synthèse parfaite entre le vivant et la machine.

Le Catalyseur devient par la suite la conscience collective des Moissonneurs, leur guide.  On apprend également que les Moissonneurs sont dépourvus d’émotions. Ils ne prennent pas plaisir à la moisson et ce qui apparait comme étant une guerre à très large échelle pour les organique ne représente rien de plus qu’un but à atteindre pour les Moissonneurs. Ils font ce pour quoi ils ont été créés, rien de plus. Bien entendu, cette déclaration remet en question le statut d’Etats-Nations indépendants, autoproclamé par Sovereign, 3 ans avant la fin du Cycle.

La moisson poursuit donc un but de préservation de la vie mais aussi d’étude et d’analyse à l’échelle galactique afin de trouver une solution durable au conflit initial.

 ‘Il n’y a pas de guerre, seulement la moisson’.

La technologie à la base d’une intelligence artificielle aussi perfectionnée que le Catalyseur semble hors de portée ; aucun élément ne venant étayer les principes fondamentaux de sa conception et son mode de fonctionnement. Un raisonnement plausible voudrait que la Citadelle, en plus d’être le centre névralgique des relais, soit une énorme blue-box quantique utilisée par le Catalyseur pour fonctionner perpétuellement.

La révélation du Catalyseur présent au sein même de la Citadelle permet de comprendre pourquoi les Moissonneurs font tout pour empêcher les habitants de la Citadelle d’étudier son fonctionnement; leur angle d’attaque le plus efficace est aussi leur point faible le plus vulnérable si quelqu’un venait à découvrir le Catalyseur avant leur arrivée.


Conclusion

Les Moissonneurs sont comme les araignées. Ils attendent patiemment que la grande Toile Lactée se mette à grouiller d’insectes suffisamment évolués que pour lancer leur inévitable moisson.

Guidés dans leur évolution, les organiques se reposent depuis toujours sur une technologie servie sur un plateau d’argent par leurs redoutables prédateurs. Mais le Cycle de Shepard est différent, bien aidé il est vrai par les Prothéens qui ont saboté le plan des Moissonneurs.

Malgré leurs actions, la bataille est arrivée et, d’un côté comme de l’autre, elle aboutira à une croissance exponentielle des connaissances technologiques. Les espèces organiques s’approprieront des armes avancées comme le Thanix et les nanites autorépliquantes tandis que les Moissonneurs obtiendront des perspectives d’évolution telles que le proto-moissonneur humain ou la Synthèse parfaite via l’énergie du Creuset.

La terrible guerre qui rythme Mass Effect 3 prouve tout de même que les Moissonneurs sont des êtres soumis à des limitations et des erreurs comme tout le monde. Qui plus est, leur technologie de pointe est à la portée des simples organiques s’ils y mettent les moyens. Cette appropriation n’est cependant pas sans danger compte tenu du risque hautement probable d’endoctrinement.

Elle permet néanmoins d’ôter aux Moissonneurs cette aura de divinités supérieures qu’ils avaient depuis le commencement et donc de les ramener sur un plan plus terrestre.

Elle autorise, enfin, dans ce Cycle, de les affronter, non pas à armes égales mais au moins délivré du poids de la peur qui rendait la défaite…

Inévitable.

« Il n’y a pas d’évolution sans liberté d’essayer.  »

François Dalle


Annexes

Sources utilisées :

Mass Effect Wikia
– Mass Effect Wiki francophone
Bioware Social Network, A Reaper shaped like a human skeleton. Really?
The art of the Mass Effect Universe
Mass Effect: Redemption
Mass Effect : Evolution