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Critique du film Valérian, de Luc Besson

Critique du film Valérian

04/08/2017
6 commentaires

Juillet 2017 : les vacances, les amis et la plage ? Que nenni. Juillet 2017, c’est Valérian et la Cité des mille planètes ; le dernier film à gros budget de la société Europa Corp, propriété de Luc Besson. Gros budget c’est peu de le dire, on est ici devant le film le plus cher de l’histoire du cinéma français avec près de 200 millions d’euros de budget. Dernier film ? C’est aussi, peut-être, également le dernier de la société du réalisateur français, Europa Corp, ayant enchainé plusieurs échecs commerciaux sur ses précédents films (119 millions d’euros de perte sur l’exercice 2016/2017). Autant dire que les enjeux sont nombreux avec Valérian.

Avant de poursuivre, il convient de rappeler d’où vient Valérian. « Valérian et Laureline » est une série de bande dessinée née sous la plume de Pierre Christin et sous le coup de crayon de Jean-Claude Mézières. Paru pour la première fois en 1967 dans le magazine Pilote, la série est considéré par beaucoup comme un pilier de la science-fiction moderne et beaucoup d’œuvres actuelles ou davantage populaire tirent leur inspiration de cette bande-dessinée. Quelques recherches sur le net vous le confirmeront mais nombre de similarités existent entre Valérian et l’univers créer par Georges Lucas en 1977.

Valérian et la Cité des mille planètes, c’est donc l’ultime défi de Luc Besson pour faire rayonner la maitrise de ses équipes techniques française mais également la culture de la science-fiction. Ou bien est-ce une volonté de réhabiliter la bande dessinée francophone au cinéma, après un Tintin et le Secret de la Licorne en demi-teinte ? Début de réponse dans cette critique !

Synopsis

En 2740, les agents spatio-temporels Valérian et Laureline ont la charge de protéger les intérêts de l’empire galactique mené par les humains. Le siège de cet empire se trouve sur Alpha, aussi appelé Cité des mille planètes, qui est un assemblage de multiples stations spatiales humaines ou aliens et qui grossit d’année en année, au fur et à mesure de son voyage dans l’espace. C’est dans ce contexte que Valérian et Laureline ont pour mission d’aller sur une planète pour récupérer un artefact auprès d’un receleur.
Au vu de la construction du film, je ne peux malheureusement pas vous détailler davantage le synopsis.

Les polémiques autour du film

Plusieurs polémiques ont gravité autour de l’adaptation cinématographique de Valérian, certaines concernant tout particulièrement la franchise Mass Effect créée par Bioware.

Le titre choisi par Luc Besson a fait longtemps débat. En effet, la bande dessinée met en avant Laureline depuis les années 2000 (la série ayant été renommé intégralement) dans un but d’égalité entre les sexes. Beaucoup ont vu dans le choix de Luc Besson un retour en arrière et un sexisme affirmé (point de vue des auteurs dans cette interview du Monde). 

Passons désormais au sujet qui nous concerne plus directement : le plagiat de la franchise Mass Effect à différents niveaux.

Tout d’abord, il est important de rappeler que Mass Effect n’aurait pas existé sans Star Trek, Star Wars, Lovecraft, Asimov… les auteurs de Mass Effect ont clairement repris des concepts d’une multitude de films, livres et séries basées sur la science-fiction.

Cependant, entre source d’inspiration (et clin d’oeil assumé) et plagiat, il subsiste une frontière à ne pas dépasser. Ce que Luc Besson, ou plûtot son équipe, semble avoir mis de côté pour la conception du film Valérian :

  • Durant la production du film, un concours a été lancé par Luc Besson pour que les fans soumettent leurs visuels des armures et équipement des deux héros. L’heureux gagnant verrait, entre autre chose, sa création prendre vie à l’écran. Au final, le concours fut annulé et l’équipe du film révéla les designs d’armures choisis, excessivement proche de ceux de Mass Effect comme nous vous en parlions dans cet article datant de mars 2016.
  • Le logo du film qui est également un plagiat total, reprenant le style de Mass Effect avec le trait « coupant » les lettres, simulant ainsi la courbure d’une planète.
  • Cerise sur le gâteau, une application avait été lancée en 2016 pour assurer la promotion du film. Cette dernière reprenait en partie des éléménts de gameplay du système de scan de planètes présent dans Mass Effect 2.

D’un point de vue de fan de Mass Effect, Luc Besson a clairement « poussé le bouchon trop loin ». Etonnament, cette polémique ne semble pas avoir fait réagir publiquement Electronic Arts. Fort dommage, car désormais c’est Mass Effect qui pourrait passer pour un plagiat de Valérian si le projet de film Mass Effect venait à se concrétiser un jour !

Les environnements

Revenons en désormais au film et tout d’abord aux environnements qu’il nous fait traverser. Un film de science-fiction visant l’épopée comme Valérian doit nous faire voyager. Ce sont les voyages des personnages et des héros qui forgeront son évolution de caractère si elle a lieu, c’est ce qui les rendra également attachant pour le spectateur.

De ce côté, Valérian est un pur film de science-fiction. Nous voyageons et les environnements sont diversifiés pour notre plus grand plaisir. Certaines constructions d’images sont réellement bien pensées. Mention spéciale à une partie du film nous emmenant sur un marché noir visible uniquement en réalité virtuelle et où le réalisateur joue efficacement sur le chevauchement des deux mondes, réel et virtuel. Les séquences dans l’espace sont également très appréciables même si nous aurions aimé qu’elles soient en plus grands nombre.

On pourra reprocher à Alpha (la Cité aux mille planètes) un certain manque de cohérence, mais également une action se situant trop souvent dans les lieux les plus communs et les moins agréables, là où le film nous présente d’autres environnements qui gagneraient à être plus mis en avant.

Les aliens de Valérian

Que serait la science-fiction sans son lot d’aliens ? Valérian a été puisé dans toutes ses réserves tellement les espèces sont nombreuses et diversifiés. La scène d’introduction notamment nous montre les espèces membres de l’empire galactique et certaines arrivent à nous surprendre. On peut regretter que ces espèces soient simplement introduites à cet instant pour ne plus servir par la suite. Les espèces qui interviennent par la suite sont toutes humanoïdes, ce qui laisse supposer une volonté de facilité pour la production.

Scénario et dialogues

Pour son film, Besson a été en charge d’à peu près tout et donc également du scénario. Partant de ce postulat, nous pouvons en déduire qu’il a également construit l’enchainement du scénario mais aussi les dialogues. Et vous avez ici tous les points négatifs du film.

La scénario s’avère assez flou. Difficile de déterminer la quête exacte avant au moins un tiers du film. Les héros donnent également cette impression de ne pas mesurer l’ampleur de leur quête. Ce sentiment est renforcé par le fait que Valérian et Laureline mettent la quête principale de côté puisqu’ils sont trop occupés à se chercher l’un et l’autre, cassant au passage le rythme du film.

Continuons notre tableau défaitiste en ajoutant que le scénario compte trop de personnages. Beaucoup ne sont introduits que pour trois minutes de film (coucou Ethan Hawke et Alain Chabat !). Au moment où l’on introduit ces personnages, on aime à penser qu’ils vont apporter davantage de diversité ou alors amener de nouvelles intrigues ; mais il n’en est rien, le film ne ne nous laisse pas le temps de nous attacher à ces personnages, rendant parfois leur décès au mieux comique, au pire pathétique et désespérant.

Cela nous permet d’introduire un autre point : la qualité des dialogues. Ils sont mauvais. Il n’y a pas d’autres choses à en dire : ils sont prévisibles, infantiles, pathétiques et n’arrivent jamais à nous entrainer dans le sérieux exigé par certains séquences.

Les dialogues sur l’importance de l’amour face à d’autres choses, ou sur le fait que nous n’oublierons jamais le sacrifice d’un tel… sont prévisibles, niais, lourds et redondant. Comment croire un personnage quand il dit à un autre qu’il ne l’oubliera jamais alors que vingt minutes auparavant, ce personnage n’existait pas ?

Et malheureusement, si le scénario se perd pendant une partie du film, il en devient également prévisible au possible. L’intégralité des évènements est attendu, ce qui se voit être renforcé par la faiblesse des dialogues. Le méchant crie « méchant » à son apparition, Valérian crie qu’il est le meilleur agent du monde et que tout lui réussit, Laureline crie qu’elle n’en peut plus mais qu’elle l’aime bien quand même, etc. A aucun moment le film ne nous surprend.

Les personnages

Valérian est un personnage peu charismatique que l’on ne peut que haïr car ses dialogues le montrent uniquement comme quelqu’un de sûr de lui, prétentieux, qui obtient toujours ce qu’il souhaite. Et à aucun moment le scénario ne le fait évoluer vers quelque chose de meilleur, qui donnerait envie de s’attacher davantage à lui.

A l’inverse, Laureline a des dialogues relativement intéressants qui essaient de trouver une profondeur dans son personnage mais également dans son interlocuteur (en l’occurrence Valérian) qui ne lui rendra pas la pareille. Ici, la tentative de profondeur est gâchée. Nous ne ferons pas le détail de chaque personnage mais ils sont (bien trop) nombreux à subir ce traitement.

On pourra également reprocher un « surjeu » à l’actrice de Laureline (Cara Delevingne) qui donne simplement l’impression d’entendre Besson crier derrière nous « Plus intense le froncement de sourcil ! ».

Qualité visuelle et auditive

Nous avons eu la chance de découvrir le film dans une salle dite ICE (Immersive Cinema Experience), disposant d’un projecteur 4K (compatible 3D), d’un son Dolby Atmos et de systèmes Light Vibes (des écrans prolongent l’image de l’écran principal). Cette technologie a sans aucun doute amélioré notre perception du film.

Le couplage 4K/Dolby Atmos est assez standard et le son s’avère vraiment excellent dans le cas d’un film comme Dunkerque, mais dans le cas de Valérian, où la musique n’est pas très marquante, on ne relèvera pas cette même performance.

L’image s’est avérée être très plaisante, même si on peut reprocher à Valérian d’avoir utilisé une 3D en 24 images/seconde, ne permettant pas une parfaite fluidité qui aurait été appréciable sur des images de cette définition.

Le système Light Vibes est la vraie caractéristique marquante des salles ICE : des écrans affichent le prolongement de l’image que l’on voit sur l’écran principal du cinéma.
Cette image est généralement floutée pour Valérian mais permet d’étendre le champ de vision, ce qui rend certaines séquences impressionnantes visuellement.


Conclusion

Conclure cette critique c’est comme sortir de la salle après Valérian, un véritable sentiment de déception. C’est se dire avec regret que le film avait la possibilité d’être bien plus réussi. Seulement, Valérian ne surprend pas, n’améliore pas le niveau du cinéma et de la science-fiction de par la faiblesse de son scénario et de ses dialogues. Il s’en tire tout de même grâce à de très de belles images et à un univers fourni et poussé, qui donne envie d’être plus approfondi.

Peut-être était-il justement trop complexe pour Luc Besson qui en a fait un traitement plat, sans originalité et tout en facilité. Un film à voir une fois, ne serait-ce que pour la beauté des images.

Commentaires

Tout à fait d'accord Thain, et si on met de coté les prouesses techniques du film nous pourrions même être beaucoup plus sévère.

Pour le plagiat de Mass Effect, incontestable, j'ai peur que la petite communauté de fans a travers le monde pèse peu face à une société de prod comme EuropaCorp. Certes, de nombreux réalisateurs (et pas des moindres) ont reconnu eux-même leur inspiration de l'oeuvre vidéoludique et nous pourrions citer facilement quelques films connus ayant piochés dans l'univers du jeu ou ayant fait quelques hommages appuyés. Mais là, c'est carrément un hold up fracassant pour une hypothétique adapatation de Mass Effect au cinéma, du moins si le projet n'est pas déjà enterré. Un vol littéralement, et très mal servi qui plus est!

Bioware ou EA serait effectivement en droit de s'y intéresser. 

Car oui, comment en 2017 on peut encore faire un film avec un univers si prometteur et si riche (qu'il ait pioché ses idées ailleurs ou pas) et proposer un scénario si vide (intersidéral...). Le jeu vidéo est devenu la première industrie de l'entertainement devant le cinéma et pourtant malgré quelques facilités commerciales elle n'a jamais été aussi adulte!

Le cinéma c'est l'inverse on démissionne toute ambition intellectuelle. Et pourtant il y avait du potentiel (je parle même pas du back ground de la bd d'origine) a en remontrer aux fades star wars (sauf Rogue One...) ou aux décérébrés Marvel. Enfin une autre SF au ciné. Et bien non on aura encore un block buster visuellement bluffant mais chiant au scénario riquiqui qui nous prend pour des gosses. C'est tout ce qu'on méritera tant qu'on ira mettre notre porte monnaie là dedans.

Quand des auteurs intégres comme ceux de la série game of Throne (tiens la série TV au dessus qualitativement du ciné actuel depuis la montée en puissance d'HBO?) rencontrera un bon réal qui voudra faire de la sf avec une prod derrière qui assure, on aura peut-être quelque chose. En attendant il y aura toujours Transformers la revanche de l'age de l'extinction finale des chevaliers du dernier combat pour l'humanité sur fond de couché de soleil...                 
Vous avez raison sur les points que vous relever ; mais il faut relativiser pour Valérian.
Selon moi on ne peut comparer que ce qu'il y a de comparable.

Je laisse les juristes d'EA qui pèse près de 40 milliards de dollars évaluer s'il y a plagiat ou non. L'insulte suprême de la part des anglophones serait qu'EA et BioWare ignorent totalement ce que vous nommez comme un raté français sur le plan scénaristique et des personnages. C'est important de garder des mauvais dans la concurrence ; elle sert de faire valoir.
 
Par contre, ce qu'il y a de préoccupant est que MEA et Valerian semblent partager plusieurs similitudes dans une légèreté de traitement ; dommage pour le savoir faire francophone.

C'est triste, car Le Cinquième Élément et Lucy de Luc Besson étaient plutôt de bonnes factures ;

Et bien non on aura encore un block buster visuellement bluffant mais chiant au scénario riquiqui qui nous prend pour des gosses.
Je pense que c'est clairement le public ciblé et que le niveau du contenu est clairement défini au rabais.
Pour l'avoir revu une seconde fois, j'en ressors moins aigri.

Cela dit je suis toujours autant déçu. Cela aurait pu être mieux. Mais je me prends désormais à espérer de bonnes recettes pour avoir une suite plus intéressantes. Après tout, le meilleur des Star Wars est le 5 n'est-ce pas ? ;)
Je suis allé le voir, perso, hormis les plagiats flagrants (genre le titre) le reste ne m'a pas choqué plus que cela. Les armures ressemblent à celle de Mass Effect, mais pas au point de les confondre. Les armes n'ont rien à voir.
Et puis Star wars ayant allègrement pompé certains design sur Valerian, disons que c'est une petit revanche, bien que j'aurais préfèré que Besson pompe sur Lucas. Mais la machine à fric Disney est trop puissante, mieux vaut pomper sur EA/Bioware.
Côté histoire, c'est un peu confus, j'avoue avoir été plus impressionné par la cité des 1000 planètes que par autre chose. Et puis, ben comme dit plus haut, c'est un block buster. Hors un block buster ( surtout ces dernier temps) est plus renommée pour la qualité et le nombre de ces explosions que par le scénarion et le jeu d'acteur.
D'ailleurs, l'acteur qui joue Valerian etait bien plus efficace en Bouffon vert dans the amzing Spiderman 2 qu'il ne l'est dans Valerian.
C'est un peu le problème des gens comme Besson, il ne laisse pas vraiment d'autonomie à ces acteurs. tout doit être au froncement de sourcil pres
Je n'ai pas vu le film donc je ne ferai aucune critique mais tout comme Tim Burton, Luc Besson fait des films où l'on retrouve plus ce style personnel qui ont fait leur succès déjà Lucy m'avais laissé sur ma faim et le cinquiéme élements reste le dernier grand film de Besson.

Après le plagiat étant donné qu'il s'inspire tous l'un des autres on retrouve forcément quelques traces des productions plus anciennes et prouve que Mass Effect est devenu une véritable référence dans le domaine.
J’ai vu le film.
Je suis dans la même ligne de pensée que Urdnot et Ylos.
On ne peut pas comparer Mass Effect et Valerian.
L’expérience, l’immersion ne sont pas les mêmes.
Valerien c’est sympa avec des idées mais ne peut pas avoir la profondeur de la Trilogie.
Pour aborder les sujets Mass Effect comme dans la trilogie une série télévisée le ferait très bien et l’a déjà fait.
Comme de dit Ylos c’est Battlestar Galactica, les canadiens ont travaillé sur cette serie je crois.
Ha la culture canadienne  ...

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